Une nouvelle méthode de sevrage des toxicomanes fait actuellement l’objet d’essais dans plusieurs pays d’Europe occidentale. Il s’agit d’un sevrage ultra-rapide effectué sous narcose complète. L’anesthésie permet au patient d’éviter le choc du traitement par une substance – Naltrexon ou Nexemin – qui neutralise les effets de l’héroïne. Après quelques jours d’observation en milieu hospitalier il peut ensuite réintégrer son domicile pour la suite du sevrage. Celle-ci se poursuit en effet durant plusieurs mois, toujours à base de Naltrexon trois fois par semaine.

Le seul pays à avoir mis en place ce type de protocole à relativement grande échelle est Israël. En Suisse par exemple, l’étude la plus importante publiée à ce jour porte sur 14 héroïnomanes. Elle est coordonnée par le Dr Balz Bächtold, de la clinique psychiatrique d’Embrach près de Zurich. Avec un recul de 18 mois sur l’anesthésie initiale, celui-ci a montré que la moitié des sujets étaient encore abstinents. Ce résultat est tout à fait favorable, le taux de rechute et de récidive étant classiquement élevé. Les Suisses font état de 70% pour les sevrages réalisés en milieu hospitalier, 90% en ambulatoire. L’avantage du sevrage ultra-rapide au Naltrexon réside dans la réduction de la durée d’hospitalisation: quelques jours contre plus d’un mois pour une cure classique.

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