Ebola : des chauves-souris insectivores à l’origine de l’épidémie

[30 décembre 2014 - 17h23] [mis à jour le 31 décembre 2014 à 11h14]

Le réservoir de l’actuelle épidémie de virus Ebola en Afrique de l’Ouest serait la chauve-souris. Une espèce bien particulière, amatrice d’insectes, incriminée pour la première fois dans une flambée de cette fièvre hémorragique. C’est en tout cas l’avis de chercheurs allemands.

Lors des épidémies précédentes en Afrique, les chercheurs soupçonnaient les chauves-souris frugivores d’être le réservoir du virus Ebola. En effet, ces dernières sont régulièrement chassées et consommées par les villageois. Or la toute première victime de l’épidémie (le cas index) était un petit garçon de 2 ans habitant le village de Meliandou, au sud-est de la Guinée. Il est donc peu probable qu’il ait été le premier à avoir consommé la viande d’une chauve-souris. Les adultes ayant chassé et goûté l’animal auraient été au moins contaminés en même temps.

Des enfants qui jouent

L’enquête menée par les chercheurs allemands du Robert Koch Institute (Berlin) les a guidés vers d’autres chauves-souris. D’une toute autre espèce, insectivore cette fois. Une importante colonie de ces animaux sauvages a été découverte dans un arbre situé près de la maison du cas index. Les habitants ont indiqué aux enquêteurs que les enfants avaient l’habitude de jouer dans et autour de l’arbre. Ce qui a sans doute permis une exposition massive aux animaux, sans pour autant que les petits en aient consommé la viande.

Par ailleurs, les chercheurs ont écarté les grands singes comme vecteurs de la maladie. Durant les épidémies précédentes, les populations de ces mammifères avaient largement diminué. Dans le cas présent, aucune réduction de la démographie de ces espèces n’a été observée.

Depuis le village de Meliandou, le virus s’est ensuite propagé dans tout le pays puis en Sierra Leone, au Libéria, au Nigéria et au Sénégal. La fièvre hémorragique Ebola a tué 7 842 personnes, sur un total de 20 081 cas au 29 décembre 2014 et continue de faire de nombreuses victimes dans la région.

En Europe, le Royaume-Uni a déclaré le second cas d’Ebola, importé, ce lundi. Il s’agit d’une infirmière revenue dimanche de Sierra Leone et hospitalisée à Glasgow (Ecosse). Elle sera transférée «dès que possible» à Londres dans une unité spécialisée du Royal Free Hospital.

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