Des études avaient déjà montré que le virus Ebola persistait dans les fluides corporels des survivants plusieurs mois après leur guérison. Un nouveau travail mené en Sierra Leone, un des pays les plus affectés par l’épidémie, vient confirmer ce constat.

Dans le cadre d’une étude menée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les autorités sanitaires du Sierra Leone, le sperme de 93 patients guéris d’Ebola a été prélevé. Ces échantillons ont fait l’objet d’analyses à 3 mois, 4 ou 6 mois puis à 9 mois après le début de leur maladie.

A 3 mois, 100% des prélèvements avaient été testés positifs. Entre 4 et 6 mois, plus de la moitié était toujours porteur du virus. Enfin, après 9 mois, le test était toujours positif pour un quart des patients. Des résultats publiés ce 15 octobre dans la revue New England Journal of Medicine.

Des rapports protégés

Le risque de contaminer leurs partenaires sexuels n’est donc pas nul. « Ces hommes ayant survécu à Ebola doivent attendre que leur sperme ait été testé négatif au virus deux fois avant de cesser d’utiliser des préservatifs », insiste l’OMS. Avant cela, « ils doivent absolument s’abstenir de tout rapport non protégé. De plus, il leur est recommandé de se laver les mains après tout contact avec le sperme. »

« Tant que l’on n’a pas davantage de données scientifiques, les plus de 8 000 survivants masculins en Guinée, Libéria et Sierra Leone, doivent en outre recevoir des conseils appropriés et être testés régulièrement », poursuit l’organisation. En effet, ce travail ne fournit pas encore toutes les réponses aux questions que se posent les chercheurs. Pourquoi certains d’entre eux ont éliminé les fragments de virus plus tôt que d’autres ? Quel est le risque de contamination par ce biais ? Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta (Etats-Unis) poursuivent les analyses de ces mêmes échantillons pour déterminer la durée de vie du virus et leur potentiel infectieux.

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