Ebola : la volontaire MSF rapatriée en France

[18 septembre 2014 - 17h06] [mis à jour le 19 septembre 2014 à 16h25]

La Française contaminée par le virus Ebola a été rapatriée à Paris dans la nuit de jeudi à vendredi. Membre de l’équipe de Médecins sans frontières (MSF) déployée dans le plus grand centre de prise en charge de la fièvre hémorragique, à Monrovia (Libéria), elle a été accueillie à l’hôpital militaire de Bégin, dans le Val de Marne.

La volontaire française a commencé à ressentir les premiers symptômes, « à savoir de la fièvre, dans la nuit de lundi à mardi », indique MSF. « Devenue contagieuse, elle a donc été isolée ». Des tests de laboratoire effectués le même jour, à deux reprises, ont confirmé une infection au virus Ebola. Elle a été rapatriée cette nuit à Paris. C’est ce qu’avaient annoncé dès jeudi soir les ministères de la Santé et des Affaires étrangères, dans un communiqué conjoint. « Elle va être rapatriée en France dans des conditions de sécurité maximale, dans un avion médicalisé dédié. » Elle a été accueillie à l’hôpital d’Instruction des Armées Bégin (Saint-Mandé) dans le Val de Marne.

C’est la première fois qu’une personne contaminée par ce virus mortel est prise en charge dans un hôpital français. « Les conditions de transport et d’hospitalisation vont strictement respecter toutes les recommandations internationales pour éviter toute contamination d’une tierce personne », avaient rassuré les ministères.

Pas de risque zéro

La volontaire contaminée « fait partie du personnel médical du centre ELWA3 à Monrovia, le plus grand centre Ebola au monde avec près de 200 lits », précise Bertrand Draguez directeur médical de MSF Belgique, à l’occasion d’une conférence de presse donnée ce jeudi. « Nous investiguons pour savoir comment elle a été contaminée, mais cela prend du temps », poursuit-il. Même si « tous les protocoles ont été respectés, le risque zéro n’existe pas ».

La situation reste difficile sur le terrain. A tel point que les équipes de MSF doivent changer « toutes les 4 semaines », explique-t-il. « D’habitude nous demandons à nos volontaires de rester 6 semaines voire 3 mois sur des théâtres de catastrophes. » Dans cet environnement hostile, « nous demandons à chaque volontaire s’il veut continuer ou rentrer ». Et même si « l’équipe est très soudée sur place, les tensions sont vives. On a quand même dû bloquer les admissions plusieurs jours d’affilée dans le centre pour que les procédures restent en place. »

« MSF n’est pas là pour coordonner la situation »

L’épidémie d’Ebola qui a débuté au mois de mars dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest continue de faire de nombreuses victimes. L’ONG française réclame depuis plusieurs semaines l’intervention de la communauté internationale, à la mesure de la catastrophe sanitaire en cours. Elle a d’ailleurs « demandé aux armées d’intervenir avec leurs capacités techniques pour pouvoir aider à isoler les cas », indique Bertrand Draguez.

Appel semble-t-il entendu par plusieurs pays, dont les Etats-Unis. Le président américain Barack Obama a en effet annoncé le déploiement de 3 000 soldats. Pour le moment, l’ONG reste prudente. « On va voir ce que ça va donner mais ce sont clairement des outils attendus. » Les pays européens de leur côté sont encore « frileux ». François Hollande a annoncé jeudi l’installation prochaine d’un hôpital militaire en Guinée forestière.

En tout cas, pour l’ONG, dont plusieurs soignants africains sont déjà décédés de l’infection, la situation est de plus en plus difficile à gérer. « MSF n’est pas là pour coordonner la situation », martèle le directeur médical. « On nous demande constamment d’évaluer les besoins, ce n’est pas à nous de coordonner la réponse à cette épidémie. »

Sur le terrain, les pays affectés cherchent désespérément à faire reculer le virus. La Sierra Leone a entamé dans la nuit de jeudi à vendredi le confinement de sa population pendant trois jours, avec une campagne de porte-à-porte visant ses 6 millions d’habitants.

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