L’usage massif et quotidien des écrans est devenu une norme chez les plus jeunes. Les effets néfastes sur la santé commencent à être connus, comme le surpoids et l’obésité liés à la sédentarité, les troubles visuels comme la myopie… Aux Etats-Unis, une équipe vient d’associer cette pratique généralisée à une conséquence encore plus dramatique : le suicide chez les adolescentes de 13-18 ans. 

Face à l’augmentation récente de l’utilisation des écrans (tablette, smartphone, consoles…) chez les jeunes, des chercheurs de la San Diego State University se sont penchés sur les conséquences de cette pratique. Pour ce faire, ils ont notamment observé le taux de suicide des jeunes âgés de 13 à 18 ans et leur usage digital entre 2010 et 2015.

Leur constat est effrayant. Alors que les jeunes passent de plus en plus de temps devant leurs écrans, « le taux de suicide des adolescentes de cette tranche d’âge a augmenté de 65% », notent les auteurs de ce travail. Autre observation, le nombre de jeunes filles rapportant des symptômes de dépression sévère a également crû de 58%.

Un lien conjoncturel

Certes les chercheurs n’ont pas pu établir de lien de cause à effet. Toutefois, « les enquêtes menées sur le sujet des écrans montrent clairement que les ados passent plus de temps devant écran qu’à d’autres activités », soulignent-ils. « Ce changement de comportement est très nettement le plus significatif sur cette période de 5 années. »

De plus, les chercheurs ont poursuivi leur travail en étudiant s’il existait une corrélation statistique entre le temps devant écrans et les symptômes dépressifs ou le suicide. « Nous avons trouvé que 48% des ados passant plus de 5 heures par jour à regarder des dispositifs électroniques avaient signalé au moins une pensée suicidaire », ajoutent les scientifiques. Et ce, comparé aux jeunes ayant passé moins d’une heure quotidienne devant écran qui n’étaient que 28% à avoir rapporté de telles conséquences.

La bonne nouvelle ? Il suffit de réduire l’usage des écrans à une ou deux heures par jour pour les ados – sans pour autant y renoncer complètement – pour réduire le risque de dépression et de suicide.

Partager cet article