Face aux attentats, la recherche s’intensifie

[02 décembre 2016 - 14h49] [mis à jour le 02 décembre 2016 à 15h03]

sans-titreokContre le terrorisme, la recherche a son mot à dire. Et le CNRS en est la preuve. En lançant un appel à projets massivement suivi après les attentats de Paris puis de Nice, l’organisme développe des travaux dans divers disciplines pour tenter de comprendre mais aussi de prévenir. Bilan d’une année d’actions.

Le 18 novembre 2015, Alain Fuchs, président du CNRS, adressait à la communauté académique « un appel à propositions sur tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences, et ouvrant la voie à des solutions nouvelles – sociales, techniques, numériques ». La réponse fut immédiate et massive. Plus de 300 équipes se sont portées volontaires pour mener ces travaux. Ce qui témoigne de la détermination des chercheurs à s’emparer de ces questions.

Parmi ces propositions, 66 actions (projets de recherche, écoles thématiques, ateliers) ont été soutenues par le CNRS, pour un montant total de plus de 800 000 euros. Toutes les disciplines se sont mobilisées, en premier lieu les sciences humaines et sociales, bien sûr, mais aussi la chimie, l’informatique, les mathématiques et la biologie.

Un an après…

Ce 28 nombre 2016, soit un peu plus d’un an après les terribles attaques du 13 novembre, les premiers résultats d’une quarantaine de travaux en cours ont été présentés, dans des domaines aussi variés que « la neutralisation chimique des explosifs, les trajectoires de jeunes « radicalisés », les amalgames et discriminations contre les musulmans, la fouille de données, les traumatismes des victimes, les atteintes au patrimoine archéologique, la propagande sur Internet et le rôle des fictions (TV et films) ».

La volonté du CNRS de faire dialoguer les chercheurs de diverses disciplines, les décideurs publics, les acteurs du renseignement, de la sécurité, de la justice et de l’éducation, s’est amplifiée en 2016. Un exemple de ces collaborations interdisciplinaires, la création d’une école thématique « Radicalisations » et des ateliers sur la « Genèse des radicalisations », « Les carrières de la terreur », « L’impact des attentats ».

La mémoire collective de la douleur

En parallèle, le CNRS a lancé au printemps dernier, avec l’INSERM et héSam Université, le programme 13- Novembre. Son objectif : étudier comment se construisent, évoluent et interagissent les mémoires individuelles et collectives des attentats. Le nombre de témoignages filmés devrait bientôt atteindre le millier, et trois autres séries d’entretiens seront menées avec les mêmes volontaires au cours des 10 prochaines années.

Pour rendre compte de la diversité de ces recherches et de leur avancée, CNRS le Journal vient d’ouvrir un blog intitulé « Face au terrorisme, la recherche en action ». Des articles, des vidéos, des interviews audio mettront en lumière les actions soutenues par l’appel à projets « Attentats-Recherche ».

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