Favoriser l’observance pour faire des économies

[21 novembre 2014 - 11h48] [mis à jour le 21 novembre 2014 à 11h49]

Selon une étude menée en France, 60% des patients souffrant d’une maladie chronique ne suivent pas correctement leurs traitements. Or plus de 9 milliards d’euros d’économies pourraient être réalisées en une seule année si l’observance était à un niveau acceptable.

Le Cercle de Réflexion de l’Industrie pharmaceutique (CRIP) et l’institut américain IMS Health, viennent de publier les résultats de leur enquête sur l’observance en France. Rappelons qu’un malade chronique est considéré comme « non observant » dès lors qu’il suit son traitement à moins de 80%, que ce soit dans la durée ou en termes de dose.

Pendant 12 mois, 170 000 patients dont le traitement venait juste de commencer ont été suivis. Six pathologies ont été prises en compte : hypertension artérielle, asthme, diabète de type 2, ostéoporose, insuffisance cardiaque et hypercholestérolémie.

L’étude fait apparaître de manière spectaculaire la faible part de la population observante, de l’ordre de 40%. Ainsi seuls 87% des asthmatiques ne suivent-ils pas scrupuleusement leurs traitements. Les insuffisants cardiaques sont quant à eux 64%, les diabétiques 63%, les hypertendus 60%, les malades souffrant d’hypercholestérolémie 56% ou d’ostéoporose 48%.

Ce phénomène entraîne des coûts évitables très importants, liés aux complications : accident vasculaire cérébral (AVC), infarctus du myocarde, fractures, œdème pulmonaire, crise asthmatique… Pour l’ensemble des 6 pathologies étudiées, le total des économies potentielles s’élèverait à 9,3 milliards d’euros en une seule année. Derrière les chiffres, l’étude pointe aussi la souffrance des patients, les vies handicapées par la maladie et les coûts indirects pour la société liés aux arrêts de travail.

Des patients pas coupables

A noter que ce phénomène ne touche pas uniquement la France mais concerne de nombreux pays développés. « C’est un phénomène global multifactoriel, où il n’y a ni de coupable, ni punition mais qui nécessite de mettre en place les meilleures conditions possibles pour que le patient tire bénéfice de son traitement », explique le Pr Claude Le Pen, spécialiste en économie de la santé.

Devant ce constat, Denis Delval, président du CRIP, estime qu’il serait « souhaitable que l’observance soit déclarée Grande Cause Nationale 2016, ce qui permettrait d’alimenter le débat public et de favoriser l’émergence de solutions innovantes et concrètes ».

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