Fièvre de l’enfant : une prise en charge adaptée

[12 octobre 2016 - 15h35] [mis à jour le 12 octobre 2016 à 15h36]

En juin 2015, un nourrisson est décédé dans l’Orne après une prescription approximative de Doliprane® par un médecin urgentiste régulateur du SAMU. Ce dernier n’aurait pas mené un interrogatoire suffisant de la mère. Il a depuis été suspendu.  La Haute Autorité de Santé (HAS) publie pour rappel, sa fiche mémo de la conduite à tenir pour la prise en charge de la fièvre chez l’enfant.

Première recommandation d’importance rappelée par la HAS : « l’enfant fébrile doit être examiné complètement pour une recherche étiologique (recherche d’une infection bactérienne sévère, par exemple purpura) ». Par fièvre, elle entend « une élévation de la température centrale au-dessus de 38°C, en l’absence d’activité physique intense, chez un enfant normalement couvert, dans une température ambiante tempérée ».

Généralement sans danger, la fièvre peut toutefois provoquer un changement de comportement chez l’enfant (apathie, anorexie, céphalées, diminution des activités, etc…). Dans ce cas, un traitement est justifié. L’objectif, « la suppression de cet inconfort et non la normalisation de la température ».

Les facteurs d’urgence

Plusieurs signes doivent conduire à un transfert vers des urgences hospitalières. Si l’enfant est âgé de moins de 3 mois ou s’il présente :

  • une difficulté respiratoire ou une fréquence respiratoire élevée ;
  • une conscience altérée ;
  • une absence de réponse aux stimulations ;
  • la fontanelle bombée ;
  • une pâleur ou une cyanose ;
  • des cris faibles ou des grognements ;
  • une raideur de la nuque.

Le traitement à prescrire

Avant de prescrire un traitement médicamenteux, « trois mesures simples sont à privilégier », rappelle la HAS :

  • proposer fréquemment à boire ;
  • ne pas trop couvrir l’enfant ;
  • ne pas augmenter la température de la pièce.

En revanche, il est déconseillé de donner « un bain frais ou un enveloppement frais, dont l’effet est modeste et transitoire, et qui peuvent majorer l’inconfort de l’enfant ».

En matière de médicaments, il est recommandé de « prescrire un antipyrétique en monothérapie pendant les 24 premières heures ». Le paracétamol est la molécule de première intention. Mais elle doit être administrée en fonction du poids de l’enfant (suivez les indications de la notice d’utilisation) et à intervalle minimum de 6 heures. En cas de contre-indication à ce dernier, un Anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). L’ibuprofène est indiqué chez l’enfant de plus de 3 mois et le kétoprofène chez l’enfant de plus de 6 mois. L’aspirine est proscrite. Enfin, les AINS ne doivent jamais être utilisés en cas de varicelle, et avec prudence en cas d’infection bactérienne.

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