Accueil » Santé Publique » Généraliste ou pédiatre ?

Pour de nombreux jeunes parents, le choix de l’un ou de l’autre est bien souvent dicté par des considérations… démographiques ! Au grand désarroi des pédiatres qui revendiquent leur spécificité face à leurs confrères généralistes.
“Un généraliste ne peut pas remplacer un pédiatre à certaines étapes-clés du développement de l’enfant et de l’adolescent” explique le Pr Danièle Sommelet, spécialiste d’onco-hématologie pédiatrique au CHU de Nancy. Elle a également organisé les 3ème Assises nationales de la Santé de l’enfant et de l’adolescent, qui se tenaient la semaine passée à Paris.
“Le pédiatre est formé pour parler avec un enfant et sa famille” poursuit-elle. “Il a également un rôle important auprès des adolescents pour repérer un mal-être qui peut être faussement interprété par la famille“. Est-ce à dire que le généraliste serait apte au dialogue avec l’adulte et l’aîné mais pas avec l’enfant et l’ado ? Le Dr Michel Combier, médecin généraliste et président de l’UNOF -Union nationale des Omnipraticiens français- ne souhaite pas polémiquer. Il rappelle néanmoins que ses confrères généralistes sont “évidemment très bien formés à suivre les enfants et les adolescents. Voilà pourquoi, je laisse le choix aux parents qui hésitent à mettre leur enfant chez l’un ou l’autre.”
80% des enfants suivis par un généraliste
Bien souvent en fait, entre un généraliste ou un pédiatre les parents n’ont guère le choix. Les chiffres sont évocateurs. La France compte en effet 6 300 pédiatres, soit un pour 5 300 enfants contre un pour 2 040 dans un pays comme les Etats-Unis ! Des régions comme le Nord et l’Est risquent d’être bientôt dépourvues de pédiatres. Actuellement seuls 20% des enfants sont régulièrement suivis par des pédiatres. Et 80% par des généralistes.
Mais le motif en est-il seulement démographique ? Michel Combier ne méconnaît pas cet aspect du problème. “Il est vrai que dans certaines régions il y a très peu de pédiatres.” Mais il souligne également “qu’il n’y a pas non plus de gardes pédiatriques. En cas d’urgence, c’est donc le médecin généraliste de garde qui répond présent“. Pour toutes ces raisons il est sans doute dommage qu’aucun généraliste n’ait été convié à ces 3èmes Assises nationales de la Santé de l’enfant et de l’adolescent…

Source : 3èmes Assises nationales de la Santé de l'enfant et de l'adolescent, Paris, 13 janvier 2005
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