Greffe de peau : un grand brûlé survit grâce à son jumeau

[23 novembre 2017 - 12h05] [mis à jour le 23 novembre 2017 à 17h12]

Une véritable prouesse médicale. C’est bien ce qui a été réalisé à l’Hôpital Saint Louis à Paris. Pour la première fois dans le monde, une greffe de peau a été réussie sur le corps d’un homme, brûlé à 95%. Grâce à son jumeau qui lui a ainsi sauvé la vie.

Un homme de 33 ans, brûlé à 95% après un accident du travail en septembre 2016, a été sauvé grâce à une greffe de peau. Le donneur, son jumeau monozygote a permis à cette opération de se dérouler avec succès.

L’équipe du Pr Maurice Mimoun en chirurgie plastique et reconstructrice et celle du Pr Alexandre Mebazaa en anesthésie-réanimation ont prélevé au 7e jour après l’accident, sur le cuir chevelu, les cuisses et le dos du jumeau sain la peau nécessaire à la greffe. Le procédé a été répété au 11e jour puis au 44e jour afin de recouvrir la totalité du corps du blessé.

Pour parvenir à recouvrir les lésions, les médecins ont dû étirer le greffon. Celui-ci a ensuite été positionné sur le blessé, après que les chirurgiens ont retiré les parties brûlées. « La peau endommagée est toxique pour l’organisme », précise le Pr Mimoun.

Matériel génétique identique

Cet exploit est dû au fait que les frères sont des jumeaux monozygotes, c’est-à-dire issus du même œuf. Car dans d’autres cas, « l’utilisation de la peau de donneur décédé chez les grands brûlés est systématiquement rejetée au bout de quelques semaines et doit être remplacée », expliquent les médecins. Dans ce cas, comme les deux hommes partagent un capital génétique identique, « le patient vivra toujours avec la peau de son frère sans aucun traitement immunosuppresseur ».

« Après plus de quatre mois de soins spécialisés, le patient est sorti du centre de traitement des brûlés de l’hôpital de Saint-Louis. Actuellement la rééducation suit son cours, le patient marche et est rentré chez lui », annoncent les médecins.

Cette réussite médicale ouvre « la voie à des thérapeutiques innovantes et encouragent la mise au point d’une peau universelle chez les grands brûlés », conclut le Pr Maurice Mimoun. Lequel assure que « ce n’est pas du rêve. On y est presque ».

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