Cocaïne, opiacés, alcool, cannabis… De nombreuses femmes enceintes souffrant d’addiction ne parviennent pas à interrompre leur consommation, malgré la grossesse. Une consultation spécifique au CHU de Lyon les aide à mener leur grossesse à terme. Et à accueillir leur enfant dans les meilleures conditions.

Dépendantes à une ou plusieurs substances psycho-actives et parfois à un comportement (anorexie…), « les femmes arrivent (à la consultation ndlr) honteuses, dans la culpabilité vis-à-vis de leur bébé », explique le Dr Brigitte David, responsable de la consultation grossesse et addiction ouverte au CHU de Lyon en 2012. « L’important est qu’elles voient qu’elles ne sont pas jugées. Une fois rassurées, elles comprennent que nous pouvons les soutenir. » C’est à cette condition qu’elles acceptent d’être suivies pendant leur grossesse à risque.

« Beaucoup ont déjà essayé de baisser leur consommation mais c’est difficile », souligne le Dr David. « Je travaille avec elles sur ce qu’elles se sentent capables de faire en fonction des dangers des substances. On priorise selon la toxicité sur le bébé… » Par exemple, « un sevrage brutal d’opiacés pendant la grossesse peut provoquer une fausse couche, la cocaïne peut entraîner la mort du fœtus in utero, l’alcool est tératogène et responsable de troubles neuropsychiques ». En revanche, « les traitements de substitution sont compatibles avec une grossesse et même avec l’allaitement maternel ».

Addiction et précarité

« Certaines femmes sont dans une grande précarité. Parfois elles ont déjà un ou deux enfants placés », indique Brigitte David. « Le fait d’être suivies pendant leur grossesse et leur accouchement permet le plus souvent que l’enfant ne leur soit pas retiré. » Un argument supplémentaire pour guider ainsi ces femmes dans leur parcours.

Cette consultation, unique sous cette forme en France, constitue « un centre de ressources national pour de nombreux professionnels tant dans la formation et le conseil, que la veille documentaire ».

A noter : depuis 2012, au total 235 patientes ont été prises en charge dans le cadre de cette consultation.

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