Hépatite C : une éradication programmée?

[10 avril 2014 - 16h38] [mis à jour le 10 avril 2014 à 16h40]

Est-il envisageable d’éradiquer l’hépatite C d’ici à 2030 ? Oui répondent des chercheurs issus de 15 pays. Ces derniers ont mis au point une modélisation de lutte contre la maladie. Il en ressort que le défi pourrait être relevé grâce à un meilleur dépistage de la maladie associé à une plus large diffusion des traitements disponibles.

Afin d’éliminer l’hépatite C d’ici à 2030, il suffirait de « traiter ne serait-ce que 10% de la population diagnostiquée chaque année ». C’est en tout cas la conclusion d’experts qui viennent de publier un dans la revue scientifique Journal of Viral Hepatitis. « En dessous de ce seuil, les nouvelles infections maintiennent la prévalence de l’hépatite à un taux supérieur ». Or aujourd’hui, seulement 3% en moyenne des malades reçoivent un traitement.

Pour parvenir à cette conclusion, « des cliniciens spécialistes du traitement de la pathologie, des statisticiens et des épidémiologistes de 15 pays ont étudié comment les progrès thérapeutiques et la hausse du nombre de patients traités chaque année pourraient conduire à une réduction de 90% de la population infectée en 2030 ». Cela correspondrait à une éradication de la maladie selon la définition clinique reconnue par les spécialistes.

Quantité et… qualité du traitement

Par ailleurs, l’usage de traitements récents, plus efficaces, est également essentiel pour parvenir à éradiquer la maladie. Mais « leur utilisation, si on maintient les taux actuels de patients traités ne conduira qu’à une diminution modérée de la morbidité et de la mortalité ».

Ainsi, dans les 15 pays étudiés, la projection montre que si l’efficacité est amplifiée et que le nombre de patients traités augmente suffisamment, « le nombre total d’infections devrait diminuer de 97% sur 2013-2030 ». Cela se traduirait par une baisse de 93% du nombre de personnes présentant une hépatite C chronique. Le nombre de carcinomes hépatocellulaires diminuerait, lui, de 87%.

La France aussi peut y parvenir

En France, le taux de traitement est estimé à 5,2% des personnes infectées. « L’élimination de la maladie n’y est envisageable qu’en augmentant le nombre de patients traités », estiment les auteurs. « Avec notamment une extension de la prise en charge de malades âgés (75-84 ans). » En effet, une grande proportion des patients infectés dans le pays sont des adultes âgés.

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