Les usagers de drogues partageant leur matériel d’injection ou d’inhalation sont particulièrement à risque de contracter l’hépatite C. Pour prévenir plus efficacement cette transmission, des chercheurs de l’Université Diderot (Paris) ont réalisé un travail de modélisation. Une prise en charge thérapeutique plus rapide après le diagnostic serait largement bénéfique.

Le travail de modélisation mathématique a permis de simuler la transmission du virus de l’hépatite C au sein d’une population d’usagers de drogue vivant en France sur une période de dix ans. Différentes stratégies pour réduire sa propagation ont ainsi été évaluées. La première représente la situation actuelle. En d’autres termes, « un temps moyen entre l’infection et le diagnostic de 1,25 an. Et un délai de 2,1 ans entre le diagnostic et les soins, laissant 14% de malades perdus de vue chaque année. »

Traiter au plus tôt

Les autres stratégies reposent sur l’amélioration d’un ou plusieurs paramètres de cette chaîne de prise en charge. « Réduction des délais du dépistage de la maladie, de la prise en charge et abaissement du taux de perdus de vus… » Résultat sans surprise « la meilleure stratégie de traitement serait observée lorsque celui-ci est initié immédiatement après le dépistage. La prévalence et l’incidence de l’hépatite C sont alors divisées par deux par rapport aux autres stratégies ».

Mais « ce résultat pourrait être encore amélioré de 30% si tous les autres paramètres étaient également optimisés ». Par exemple, si le nombre de perdus de vue était diminué ou si l’observance du traitement était améliorée. « Cette étude soulève la question essentielle du dépistage et de la prise en charge médicale dans cette population, qui en est souvent la plus éloignée », estiment les auteurs.

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