IMC : un indice vraiment pertinent ?

[02 juin 2016 - 14h36]

L’excès pondéral, c’est l’excès de masse grasse nuisible à la santé. Aujourd’hui, la façon la plus simple de la calculer est de mesurer son Indice de masse corporelle, le fameux IMC. Ce rapport poids-taille au carré permet en effet d’estimer rapidement cette masse grasse. Mais ce procédé est-il toujours pertinent ?

L’IMC est une mesure ancienne puisque son « inventeur », Adolphe Quetelet, est né au 19e siècle. Problème, aujourd’hui, cet indice prend parfois des airs de parole d’Evangile. « Cette mesure reste pertinente dans sa simplicité », analyse le Dr Boris Hansel endocrinologue à l’hôpital Bichat à Paris. « Mais il ne s’agit là que d’un indicateur, pas d’une valeur absolue ».

Ainsi, certains sportifs, du fait de leur masse musculaire, voient leur IMC dépasser les 25kg/m2, sans qu’ils ne présentent de surpoids. « Chaque cas est particulier », prévient Boris Hansel. Un sujet peut être trapu sans être gras. Un autre peut sembler maigre et présenter un excédent de graisse abdominale… « L’IMC peut aussi être tronqué si le sujet présente des œdèmes… ». Autres freins, l’IMC ne prend en compte ni le sexe, ni l’âge, ni la répartition des graisses dans le corps.

Quelles alternatives ?

Sans dénigrer l’IMC « ce repère simple dont le grand public a besoin », Boris Hansel plaide en fait pour deux approches complémentaires :

Tout d’abord, « l’aspect métabolique ». Cela passe par la mesure du tour de taille. En effet, même avec un « poids santé » (comprenez un IMC normal), le poids en excès autour de la taille peut augmenter le risque d’hypertension, d’hypercholestérolémie, de maladies du cœur et de diabète de type 2. « Une récente étude a montré qu’un personne avec un Indice compris entre 18,5 et 25 mais un tour de taille élevé présente plus de risques que si la situation est inversée ».

Autre mesure, destinée aux professionnels de santé, ce que le Dr Hansel nomme « l’aspect mécanique ». C’est en fait un interrogatoire clinique. Le praticien vérifiera s’il existe des gènes pour respirer, des douleurs articulaires, une éventuelle apnée du sommeil, une sédentarité… autant de facteurs de risque de pathologies cardiovasculaires.

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