Après l’incendie qui a frappé l’entreprise Lubrizol de Rouen le 26 septembre 2019, la Préfecture de Seine-Maritime a publié la liste des produits ayant brûlé dans l’entrepôt. Au total, 5 253 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée. Une situation qui interroge sur d’éventuels risques sanitaires !

Le premier ministre, Edouard Philippe l’avait annoncé, la liste des produits présents dans l’entrepôt Lubrizol de Rouen au moment de l’incendie a été publiée ce 1er octobre. Ainsi, 5 253 tonnes de substances chimiques ont été détruites. Il s’agit en majorité (63%) « d’additifs multi-usages ». Le reste étant composé d’améliorants de viscosité, de détergents, d’huiles vierges… Cette liste est accompagnée de 479 fiches de sécurité qui précisent les caractéristiques des produits et les risques associés, notamment en cas de combustion.

Dans un document annexe, la Préfecture explique que « tous les produits ne sont pas dangereux ». Par conséquent, certains le sont donc bien. « La dangerosité dépend de la quantité présente, du devenir des molécules après avoir brûlé et de la manière dont on est exposé (contact cutané, inhalation, ingestion). »

Les autorités, toujours rassurantes…

Après cette publication de la Préfecture de Seine-Maritime, l’Agence régionale de de Santé (ARS) Normandie a mis à jour ce 2 octobre ses recommandations sanitaires liées à l’incendie.

Pour ce qui est des retombées de l’incendie, l’ARS explique qu’elles « se sont rapidement déposées au sol sous forme de suies, ce d’autant qu’il a plu le jour même […]. Le risque principal est lié à l’ingestion accidentelle de suies, notamment par les très jeunes enfants par les mains ou des jouets souillés. D’où l’importance de nettoyer ces suies. »

En ce qui concerne la qualité de l’air et les odeurs, « les dernières analyses (…) sont comparables aux valeurs habituellement mesurées sur l’agglomération. Par ailleurs, les pompiers ont effectué des mesures sur les composés présentant des risques d’intoxication à court terme dès la nuit de l’incendie, comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre et l’hydrogène sulfuré…Ces mesures n’ont pas mis en évidence de risque pour la population. »

Quant à l’amiante (la toiture en contenant), « le retour d’expérience récent sur ce genre de sinistre, montre que le risque de dispersion de fibre est limité par l’effondrement rapide de la toiture. Des mesures de fibres dans l’air réalisées dans le site et dans un rayon de 300 mètres se sont révélées négatives. »

Enfin, l’ARS confirme que l’eau du robinet peut être consommée sans risque. « En revanche, il est recommandé de ne pas consommer les fruits et légumes souillés par les suies. Pour ce qui est des produits qui ne portent aucune trace de souillure, ils peuvent être consommés sans difficultés après lavage, comme à l’ordinaire. »

Et la question des dioxines ?

Interrogé ce matin par BFM-Tv et Europe 1, Frédéric Poitou, ingénieur spécialisé en chimie organique, s’est voulu moins rassurant. Selon lui, même s’il est compliqué d’analyser l’intégralité des substances présentes, leur combustion est propice à la formation de dioxines, des polluants organiques persistants dans l’environnement. « À court terme, elles génèrent des brûlures, des taches brunâtres en général sur la peau », a-t-il détaillé.

Mais, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à long terme, elles peuvent « provoquer des problèmes au niveau de la procréation, du développement, léser le système immunitaire, interférer avec le système hormonal et causer des cancers. »

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