Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) vient de rendre publique une analyse concernant la cancérogénicité de deux insecticides et d’un herbicide. Résultat, si certains ne sont plus utilisés aujourd’hui, ils n’en restent pas moins présents dans notre environnement, et se montrent même potentiellement dangereux ! 

Les 26 experts venus de 13 pays différents ont passé en revue la littérature scientifique la plus récente. Ils se sont tout d’abord penché sur le cas du lindane, largement utilisé pour lutter contre les insectes, y compris dans l’agriculture. Ce dernier était également présent dans les traitements contre les poux et la gale. Aujourd’hui toutefois, son usage est interdit ou limité dans la plupart des pays, dont la France depuis 1998. Selon les chercheurs, pas d’équivoque : le lindane est classé comme cancérogène pour l’homme (cancérogénicité pour le lymphome non hodgkinien).

Autre produit passé au crible par le CIRC : le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT). Derrière ce nom barbare se cache un insecticide utilisé pour lutter contre les maladies vectorielles au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il a plus tard été largement appliqué dans l’agriculture.

Bien que la plupart de ses utilisations aient été interdites dans les années 1970, le DDT et ses produits de dégradation sont très persistants et peuvent se retrouver dans l’environnement et dans les tissus animaux et humains dans le monde entier. L’exposition au DDT existe toujours, principalement par le biais de l’alimentation.

Selon les chercheurs, le DDT est classé comme probablement cancérogène pour l’homme. « Les études épidémiologiques mettent en évidence des associations positives entre l’exposition au DDT et le lymphome non hodgkinien, le cancer des testicules et le cancer du foie », expliquent-ils. « La substance peut aussi affaiblir le système immunitaire et perturber les hormones sexuelles. »

Dernière analyse, celle concernant l’herbicide 2,4-D. Largement utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes, il a reçu la classification « peut-être cancérogène pour l’homme » dans la mesure où il induirait un stress oxydatif et provoquerait une immunodépression.

A noter que ce travail ne précise pas le niveau de risque associé à l’exposition. En outre, les auteurs parlent de « risques », même si ces derniers sont très limités.

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