Insuffisance rénale et chômage : la double peine des patients

[11 mai 2015 - 16h24] [mis à jour le 11 mai 2015 à 16h26]

Certains malades chroniques restent encore trop souvent en marge de toute activité professionnelle. C’est particulièrement le cas des patients insuffisants rénaux. Et encore plus pour ceux traités par dialyse. Une étude réalisée à la demande de l’Association Renaloo le confirme.

Pour la première fois en France, une enquête portant sur 1 566 patients de 25 à 65 ans s’est intéressée à l’impact de la dialyse et de la greffe sur l’emploi et le niveau de ressources des insuffisants rénaux. Les résultats sont sans appel : les maladies rénales ont des conséquences majeures sur l’insertion professionnelle et sociale.

Seuls 17,4% des patients dialysés ont un travail, contre 51% pour ceux ayant reçu une greffe. L’enquête montre aussi qu’au fil des mois et des années en dialyse, les chances de rester dans l’emploi diminuent. « La greffe assure de très loin une meilleure insertion sociale et professionnelle et des revenus plus élevés que la dialyse », explique Yvanie Caillé, fondatrice de l’Association Renaloo. « Et la greffe préventive, sans dialyse préalable, encore davantage ».

« L’exclusion de la sphère du travail est d’autant plus douloureuse que l’emploi aide à la restauration de l’estime de soi », explique Christian Baudelot, sociologue et vice-président de Renaloo. « Il est structurant face au chaos de la maladie ». Par ailleurs, qu’ils soient dialysés ou greffés, les patients ont des revenus inférieurs à ceux de la population générale. Ainsi 44% des greffés gagnent moins de 1 100 euros par mois.

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