Ils sont 3 millions de Français à souffrir d’insuffisance rénale chronique, une maladie caractérisée par la perte irréversible des fonctions du rein. Et près de 50 000 en sont au stade de l’insuffisance rénale terminale, l’ultime étape avant la dialyse ou la transplantation. Aujourd’hui pourtant, nous disposons de tous les outils pour éviter d’en arriver là.

L’insuffisance rénale est liée à la destruction progressive mais irrémédiable des néphrons, qui assurent le fonctionnement des reins. Or ces derniers ont de nombreuses fonctions. Celles de laver et d’épurer le sang, de produire de l’érythropoïétine, d’activer la vitamine D et enfin de réguler la pression artérielle. C’est dire leur importance vitale…

Le Pr Gilbert Deray, néphrologue à la Pitié-Salpétrière, insiste particulièrement sur l’importance du dépistage de l’insuffisance rénale. «Il est absolument capital de dépister tôt, pour empêcher que ne se développent des complications qui deviendront irréversibles. La maladie par exemple, va entraîner des complications cardiovasculaires. Le ventricule gauche du cœur va grossir. Si la maladie est dépistée trop tard, il ne sera plus possible de ramener le cœur à la normale. Si en revanche le malade est pris en charge rapidement, on pourra éviter d’en arriver au stade ou une dialyse sera nécessaire ».

Pour dépister une insuffisance rénale, rien de plus simple. Il suffit de doser le taux de créatinine dans le sang, « essentiellement chez des patients à risque », précise Gilbert Deray. A savoir les diabétiques, les hypertendus et les plus de 65 ans. « Si ce taux est trop élevé, cela signifie que vos reins sont malades ».

Autre cheval de bataille du Pr Deray, le traitement de l’anémie consécutive à une carence en érythropoïétine. Une maladie qui entraîne une fatigue physique, intellectuelle et sexuelle, et qui augmente considérablement les risques cardiovasculaires. Elle accélère enfin la dégradation de la fonction rénale, provoquant ainsi une mise sous dialyse plus précoce. « Il faut évidemment la traiter » souligne-t-il, « et c’est d’autant plus important que nous savons le faire. Depuis 20 ans, nous disposons d’érythropoïétine sous forme de seringue tout prête qu’il suffit d’injecter par voie intraveineuse ou sous-cutanée, et qui corrige l’anémie sans aucune difficulté. »

Et d’ici la fin 2008, les patients disposeront d’un traitement à longue durée d’action qu’il suffira de prendre une fois par mois, au lieu d’une fois par semaine actuellement. Un vrai plus, à la fois pour le confort du malade et par voie de conséquence, pour l’observance du traitement.

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