Je parle la nuit !

[28 février 2018 - 16h49]

Parler en dormant est un comportement classé parmi les parasomnies. C’est à dire tous les comportements anormaux survenant pendant la nuit sans que le sujet n’en ait conscience. Mais que se cache-t-il sous ce phénomène de somniloquie ?

Selon des chercheurs français*, la somniloquie touche au moins une fois dans sa vie 71% des hommes et 75% des femmes. Mais pour seulement 1,5% d’entre eux, ce phénomène surviendrait du quotidien. Parfois les propos sont parfaitement audibles (36% des cas), d’autres fois il ne s’agit que de juxtaposition de mots qui ne font pas sens.

Il est possible de parler en dormant pendant toutes les phases du sommeil. Selon une autre étude, menée auprès de 28 somniloques**, dans 80% des cas, il existe une large concordance de 80% entre le récit des rêves au réveil et les vocalisations émises durant la nuit. Le plus souvent, les somniloques sont plus désinhibés la nuit que le jour. Et dans la grande majorité des cas, les paroles rapportées sont insultantes et vulgaires.

Ce n’est pas une maladie !

Elle survient principalement chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. La somniloquie n’est pas associée à un état pathologique. Mais selon leur fréquence et leur teneur, ces épisodes peuvent avoir un impact différent : tout simplement réveiller la personne qui dort avec vous. Souvent, d’autres parasomnies surviennent. La perte de contrôle peut alors devenir motrice (somnambulisme).

Sur le plan de la psychologie, une sensation d’anxiété ou de honte peut aussi se déclarer au réveil lorsque le « parleur de nuit » apprend ce qui s’est passé au petit matin. Cette gêne est fonction des paroles qui ont pu être proférées pendant le sommeil.

A noter : la somniloquie est à distinguer de la cathatrénie qui, elle, se limite aux simples grognements, soupirs, gémissements ou autres sursauts de la voix liés au relâchement des muscles de la gorge pendant la nuit.

*AP-HP Hôpital Universitaire Pitié Salpêtrière (Paris) – étude menée en 2015 auprès de 232 patients par ailleurs somnambules et/ou atteints de TCSP (Troubles du Comportement en Sommeil Paradoxal)
** Unité des pathologies du sommeil INSERM U975 du CRICM

Partager cet article