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Comment dévoiler sa schizophrénie alors que la maladie fait toujours l’objet de nombreuses idées reçues ? Dangerosité supposée, confusion avec le dédoublement de la personnalité, impossibilité supposée de mener une vie normale… sont autant de fausses croyances qui freinent les personnes atteintes à faire ce que l’association PositiveMinders appelle un « coming out psychiatrique ».
La schizophrénie concerne près de 600 000 personnes en France. Les premiers signes apparaissent dans 85 % des cas entre 15 et 25 ans. Pour ces adolescents et jeunes adultes, les difficultés à parler de leurs symptômes participent au retard de diagnostic, 7 ans en moyenne. Un retard qui entraîne des conséquences délétères sur la prise en charge, l’évolution de la maladie et la qualité de vie des patients. Alors que dans 80 % des cas, les symptômes s’améliorent dès qu’ils sont traités.
A l’occasion des journées de la schizophrénie, qui se sont tenues du 14 au 21 mars, l’association PositiveMinders a dévoilé un clip de campagne pour inciter les personnes à dévoiler plus tôt leur schizophrénie et à lutter contre les nombreux stéréotypes qui entourent la maladie. Comme l’indique la page d’accueil du site dédié onsefaitconfiance.com, « il n’y a jamais de bon moment pour dévoiler qu’on est atteint de troubles psychiques ».
Selon l’association, l’autostigmatisation est le premier frein à l’accès aux soins et au diagnostic. Annoncer que l’on souffre de « symptômes bizarres », avouer qu’on entend des voix, ou que l’on se sent menacé semble insurmontable. Et une fois que le diagnostic est posé, dire que l’on est schizophrène « c’est affronter l’un des tabous les plus persistants de notre société ». La peur du regard est nourrie par des préjugés, tout particulièrement l’association erronée entre la schizophrénie et la dangerosité. « Lorsque le dévoilement est choisi et accompagné, il peut devenir un lever d’émancipation et faciliter l’accès aux soins : reprendre la main sur son histoire, élargir les soutiens, mieux faire comprendre le trouble psychique », note l’association.
Pour rappel, la schizophrénie est une maladie complexe qui appartient à la famille des psychoses. « Elle survient à la croisée de prédispositions biologiques et d’expériences de vie », explique le site schizinfo de l’association PositiveMinders. Les niveaux de sévérité sont divers et la maladie peut être très invalidante. Très schématiquement, la schizophrénie se traduit par une perception perturbée de la réalité, des idées délirantes ou des hallucinations, une paranoïa, un isolement social et relationnel. Le patient présente moins d’intérêt et une certaine apathie, des symptômes qui peuvent être confondus avec la dépression.
On retrouve aussi des troubles cognitifs, comme une désorganisation de la pensée, des paroles, des émotions et des comportements corporels. « La cohérence et la logique du discours et des pensées sont perturbées. Le patient est moins attentif, présente des difficultés à se concentrer, mémoriser, comprendre ou se faire comprendre. Il peut avoir des difficultés à planifier des tâches simples comme faire son travail ou des courses, ce qui peut être source d’un handicap majeur dans la vie quotidienne », détaille schizinfo.
Les antécédents familiaux peuvent constituer une prédisposition à la maladie, mais l’environnement et les événements qui surviennent dans l’existence jouent un rôle également essentiel dans son apparition. Ainsi, il arrive que certaines personnes restent asymptomatiques, tandis que d’autres développent des formes plus ou moins sévères de la schizophrénie.
Pour protéger les patients, les méthodes les plus efficaces sont la prise en charge précoce, les traitements immunitaires (dans les cas où le système immunitaire est impliqué), la psychoéducation des patients et des aidants, la réduction des facteurs de risque, notamment les addictions.

Source : PositiveMinders, Schizinfo, ameli.fr

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Vincent Roche