La contraception d’urgence, à envisager précocement

[21 mars 2013 - 15h51] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Dr David Serfaty, gynécologue

Oubli de pilule, rupture de préservatif ou, plus dramatique, viol. La contraception d’urgence, souvent appelée pilule du lendemain, a pour but d’éviter une grossesse non désirée. Si la plupart des méthodes disponibles reposent sur la prise d’une pilule, le stérilet est également une option possible. Explications.

Il existe deux pilules d’urgence : Norlevo® et ellaOne®. La première doit être administrée dans les 3 jours suivant le rapport considéré à risque. La seconde, plus récente, est disponible en Europe depuis octobre 2010. Sensiblement plus efficace d’après les spécialistes, elle l’est en outre pendant 5 jours après le rapport. Toutefois, quel que soit le type de pilule, son efficacité sera d’autant meilleure qu’elle sera prise précocement. Dernière option possible : le dispositif intra-utérin (DIU). En effet, le stérilet en cuivre, s’il est inséré dans les 5 jours suivant le rapport non protégé se révèle aussi efficace que les pilules du lendemain.

Malgré ces solutions, les Françaises sont encore peu nombreuses à y avoir recours. Et ce alors que le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) stagne en France. La honte de ne pas être totalement maîtresse des événements participe à ce tabou persistant. D’après le Baromètre Santé 2010 de l’INPES, « 48% des grossesses n’étaient pas planifiées chez les femmes de 18-24 ans ». Le recours insuffisant à la contraception d’urgence est l’une des raisons qui peuvent expliquer ce pourcentage. En 2007, seulement une femme sur dix ayant eu recours à l’IVG avait utilisé la contraception d’urgence pour éviter la grossesse. Neuf femmes sur dix ne mettent donc pas en place de stratégie de rattrapage à l’issue d’un rapport sexuel à risque.

Informer les plus jeunes

La contraception d’urgence peut être délivrée de manière anonyme et gratuite aux jeunes filles mineures. Mais parfois, elles n’ont pas accès à un médecin. En milieu scolaire, les élèves mineures ou majeures peuvent donc consulter un infirmier en cas d’urgence absolue, si un médecin ou un centre de planification ou d’éducation familiale n’est pas immédiatement accessible. « Un entretien préalable doit intervenir entre l’infirmier et l’élève dans un local permettant de respecter la confidentialité. Il permet d’évaluer la situation, de proposer toutes les solutions adaptées et de rappeler que cette délivrance ne peut se substituer à une contraception régulière. » Enfin, dans le cas où la délivrance du produit à une élève mineure apparaît nécessaire, le médecin ou l’infirmière doit s’assurer de la prise effective et du respect de la posologie.

Ecrit par Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet et David Picot

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