La Formule 1 nous casse… les oreilles

[17 décembre 2013 - 14h57] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h59]

Le bruit d’une formule 1 équivaut à celui… d’un avion au décollage. © Destination Santé

Des moteurs qui rugissent, des pneus qui crissent. Si palpitantes soient-elles, les courses de Formule 1 mettent les tympans des spectateurs à rude épreuve. Pour en avoir le cœur net, un étudiant ingénieur en acoustique de l’Université du Texas a mesuré les sons auxquels sont exposés les passionnés. Résultat : autant se poster à proximité d’un avion au décollage pendant deux heures !

Passionné de course automobile, Craig Dolder a profité d’une réunion de la société américaine d’acoustique à Montréal pour assister au grand prix du Canada. Comme chacun sait, les bruits des moteurs sont bien souvent assourdissants. Alors, comment s’en prémunir ? De simples bouchons d’oreilles ? Un casque antibruit ? Ou même rien du tout pour, comme l’estiment beaucoup d’aficionados,  « mieux apprécier l’expérience » ?

C’est pour répondre à ces questions que notre ingénieur s’est rendu sur le circuit muni d’un sonomètre, un appareil permettant de quantifier le bruit et les nuisances sonores. Il s’est posté à environ 8 mètres du circuit. Il a ainsi effectué ses mesures à 3 endroits différents. Pourquoi trois emplacements ? Tout simplement car les pistes sont rarement de forme ovale et les bruits de moteur peuvent varier selon l’emplacement (dans un virage ou sur une ligne droite).

En compilant ses mesures, Craig Dolder a ainsi tiré différentes conclusions. La première, c’est que les zones les plus calmes se situent dans les courbures en S. A contrario, lors des accélérations, le spectateur peut être exposé à plus de 120 décibels (dB), de façon prolongée (le temps du grand prix). « Cela équivaut à un son 86 fois supérieur aux seuils quotidiens recommandés » explique-t-il.

Pas si surprenant…

Si parlante soit-elle, la « découverte » de notre étudiant n’est pas si étonnante. Le volume en décibels d’une Formule 1 correspond en fait à celui… d’un avion au décollage.  Imaginez donc le son d’un réacteur, en continu, deux heures durant ! D’ailleurs, au-delà de 120 db, on se trouve dans ce que l’on nomme le « seuil de la douleur ». Le risque de surdité est donc bien réel ! Avertissement de Dolder, « une bonne paire de bouchons d’oreilles ne vous empêchera pas de ressentir les vrombissements dans tout votre corps. Inutile de mettre en jeu votre santé auditive ! »

 Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : David Picot

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