La grippe, une hécatombe passée sous silence

[13 octobre 2015 - 17h03] [mis à jour le 13 octobre 2015 à 18h01]

Des chiffres saisissants ! Entre 2000 et 2009, la grippe a tué 9 000 personnes de plus de 65 ans par an ! Selon des travaux menés par l’Institut de Veille sanitaire (InVS), la vaccination a toutefois permis d’éviter 2 500 décès chaque année durant la même période. Et rappelons que l’an dernier 18 000 morts dues à la grippe ont été enregistrées. Un excès de mortalité qui a particulièrement concerné les personnes âgées. Cette maladie trop souvent perçue comme banale, se révèle donc être l’infection qui tue le plus dans notre pays.

« La vaccination reste la première mesure de prévention et les mesures barrière (réduction des contacts avec des malades et renforcement de l’hygiène) doivent venir la compléter », indiquent les rédacteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Or ce message peine à passer dans le grand public. La couverture vaccinale est en chute libre. Le phénomène concerne toutes les classes d’âge. Mais plus inquiétant, les populations les plus à risque aussi boudent le vaccin. Entre 2000 et 2009, la couverture vaccinale s’établissait à 55% par an chez les 65-79 ans, contre seulement 46% en 2013/2014.

Dans son éditorial, François Bourdillon, Directeur général de l’InVS et de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), insiste sur l’importance de la mobilisation de tous les acteurs. Et surtout sur la vaccination. « Elle est utile. Même si son efficacité pour prévenir les décès chez les personnes âgées est modérée (de l’ordre de 35%), l’impact de la vaccination contre la grippe saisonnière sur la mortalité des personnes âgées en France est conséquent, avec une estimation d’environ 2 500 décès évités par an sur la période 2000/2009 ».

Restaurer la confiance 

D’où l’importance de promouvoir l’immunisation. François Bourdillon le confirme. « La promotion de la vaccination chez les personnes âgées, les immunodéprimés, les femmes enceintes, les personnes souffrant d’obésité et celles atteintes de maladies chroniques est donc une priorité, d’autant plus que le vaccin est très bien toléré ».

Si les 18 000 décès de l’épidémie de grippe 2014/2015 s’expliquent en partie par la trop faible couverture vaccinale, sa principale cause tient aussi à la circulation de virus partiellement couverts par le vaccin. François Bourdillon en appelle au bon sens des Français. « J’espère que ces données sur l’épidémie de grippe 2014/2015 et sa gravité inciteront nos concitoyens à se faire vacciner ». Or à en croire les derniers chiffres sur les intentions des Français, le message se heurte toujours au scepticisme du public. Il est vrai que ces chiffres devraient donner matière à réflexion. Reste aux autorités sanitaires de mener des politiques de santé plus cohérentes susceptibles de restaurer la confiance de la population dans un geste de santé publique : la vaccination !

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