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Les maladies métaboliques comme le diabète ont atteint des proportions épidémiques, notamment en raison de notre mode de vie moderne. Nous passons en effet près de 90 % de notre temps à l’intérieur, privés de lumière naturelle. Ce manque favorise deux facteurs majeurs : la sédentarité et le décalage de notre rythme circadien (notre horloge biologique).
Pour explorer ce lien entre le manque d’exposition à la lumière naturelle et l’explosion des cas de diabète de type 2, une équipe internationale impliquant l’Université de Genève, les Hôpitaux universitaires de Genève, l’Université de Maastricht et le Centre allemand de recherche sur le diabète a mené une étude pionnière.
Treize volontaires de plus de 65 ans, tous atteints de diabète de type 2, ont séjourné pendant quatre jours et demi dans des espaces spécialement conçus. Chaque participant a expérimenté deux environnements différents : l’un éclairé par la lumière naturelle provenant de grandes fenêtres, l’autre par un éclairage artificiel.
Résultat, même sur la courte durée de l’expérience, un impact significatif a été constaté : chez les personnes exposées à la lumière naturelle, les taux de glucose sanguin se situaient dans la fourchette normale pendant plus longtemps, avec moins de variabilité. « Il s’agit d’éléments importants qui indiquent que nos volontaires diabétiques ont réussi à mieux contrôler leur taux de sucre », souligne le Pr Patrick Schrauwen du Centre allemand de recherche sur le diabète.
Par ailleurs, leur taux de mélatonine était légèrement plus élevé le soir et le métabolisme oxydatif des graisses était également amélioré.
Pour comprendre ces changements métaboliques positifs, les scientifiques ont analysé des échantillons de sang et de muscle prélevés avant, pendant et après chaque régime lumineux.
« Tous nos résultats montrent clairement que l’horloge interne et le métabolisme sont influencés par la lumière naturelle, explique la Pre Charna Dibner de l’Université de Genève. Cela pourrait expliquer l’amélioration de la régulation de la glycémie et la meilleure coordination entre l’horloge centrale du cerveau et les horloges des organes. »
Ce travail apporte une première preuve de l’effet bénéfique de la lumière naturelle sur la santé métabolique par rapport à la lumière artificielle. Reste désormais à le confirmer en conditions réelles sur un plus grand nombre de participants.

Source : https://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131(25)00490-5?_returnURL=httpslinkinghub.elsevier.comretrievepiiS1550413125004905showalltrue

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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