Le 24 mars 1882, le Dr Robert Koch découvrait le bacille responsable de la tuberculose, ouvrant ainsi la voie au diagnostic et au traitement de la maladie. Pourtant, aujourd’hui encore, elle est responsable de 4 500 décès quotidiens dans le monde. En cause, l’apparition de formes multirésistantes qui pourraient remettre en cause les avancées obtenues jusqu’ici. A l’occasion de la journée mondiale dédiée (ce 24 mars), il est urgent de rappeler qu’un engagement global est plus que jamais nécessaire.

En 1920, lors de la séance inaugurale célébrant la création de l’Union internationale contre la tuberculose, le Pr Léon Bernard, premier président de cette association, déclarait qu’il est « nécessaire que tous les pays souhaitant l’éradication de la tuberculose décident des méthodes à employer, s’accordent sur le choix des armes les plus efficaces et fassent front ensemble à l’ennemi commun… » Un siècle plus tard, les choses n’ont guère évolué.

Certes, entre 2000 et 2016, plus de 53 millions de vies ont été sauvées grâce au traitement de la tuberculose. Mais rien que pour l’année 2016, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a notifié 10,4 millions de cas et 1,8 million de décès dans le monde, ce qui fait de la tuberculose la principale cause infectieuse de mortalité à l’échelle mondiale.

Lutter contre les formes résistantes

Les objectifs internationaux en matière de tuberculose sont très élevés et reprennent ceux du Pr Léon Bernard. C’est la « End-TB strategy » de l’OMS. En clair, en 2035, « une diminution de 95% du nombre de morts dus à la tuberculose par rapport à 2015 et une baisse de 95% de son incidence ». Pourtant, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), « même si – à l’échelle européenne – le nombre de nouveaux cas diminue de 4% en moyenne par an, cela ne sera pas suffisant pour atteindre notre but. » Et ce notamment en raison de formes multirésistantes de la maladie.

C’est pourquoi, à l’occasion de la journée mondiale du 24 mars, l’OMS appelle les gouvernements, les communautés, la société civile et le secteur privé à «s’unir pour mettre fin à la tuberculose». Notamment par la mise en place de stratégies innovantes. Un appel pris très au sérieux par certaines ONG. Citons Médecins sans frontières (MSF) qui a ainsi lancé, en collaboration avec Interactive Research and development, une initiative afin d’accélérer l’utilisation de nouveaux médicaments et de réaliser des essais cliniques dans 17 pays particulièrement touchés.

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