Accueil » Santé Publique » Lait contaminé à la dioxine : la piste des fourrages

Dans l’Ouest de la France, les recherches se poursuivent pour déterminer la source d’une contamination à la dioxine, de lait en provenance d’élevages locaux. Pour l’heure, 36 exploitations aux confins de la Loire-Atlantique, de l’Ille-et-Vilaine et du Morbihan se sont avérées « positives ».
Les analyses y ont révélé des taux de dioxine supérieurs à 3 picogrammes par gramme (3 pg/g) , la teneur maximale tolérée par l’Union européenne. « Nous attendons encore les résultats de 30 autres exploitations » nous explique Didier Vaucel, directeur adjoint de la direction des services vétérinaires d’Ille-et-Vilaine.
Ce dernier insiste sur « l’absence de risque sanitaire pour le consommateur ». Et pour cause. Les laits concernés en effet, ont soit été retirés de la consommation, soit totalement écrémés. C’est en effet dans les matières grasses que s’accumulent les dioxines.
« Il ne s’agit pas d’un phénomène spontané, pas plus qu’une épidémie » poursuit Didier Vaucel. « Les laiteries ont observé une augmentation progressive des taux (de dioxine) depuis la fin de l’année 2006. Elles ont donné l’alerte lorsque le seuil de 3 pg/g a été franchi, et c’est justement pour cela qu’elles ont pu traiter les laits ou les retirer du marché. Si une première laiterie a révélé des analyses positives puis une seconde une semaine plus tard, c’est tout simplement parce les résultats, envoyés par des laboratoires surchargés de travail, sont tombés avec un décalage ».
Pour Didier Vaucel, « cette contamination est donc très localisée. Il s’est passé quelque chose vers la fin 2006 sur ce secteur. Mais quoi ? » Des dizaines d’analyses sont en cours pour répondre à cette question. Elles portent notamment sur l’alimentation des vaches laitières. « Mais a priori, aucun aliment ne serait commun à toutes les exploitations » enchaîne le spécialiste.
Une contamination par les eaux semble également exclue. La piste des chercheurs les conduirait vers les fourrages, qui auraient pu être contaminés par un engrais ou un autre type de traitement. A confirmer toutefois. « L’enquête pourrait être longue. D’autant que nous n’avons pas en effet de coupable idéal à proximité. Comme un incinérateur ».

Source : Interview de Didier Vaucel, Service vétérinaire d’Ille-et-Vilaine, 17 août 2007
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