Le dépistage du diabète de type 1, c’est parti !

16 avril 2026

Le programme national de dépistage du diabète de type 1 au stade préclinique - avant l’apparition des symptômes et le recours à l’insuline - est lancé. Après la phase pilote, prévue jusqu’en décembre 2026, le dispositif PRÊT1D sera étendu à grande échelle. Bénéfices attendus, population concernée et modalités pratiques... Toutes les réponses ici.

Lancé officiellement à l’occasion du Congrès de la Société francophone du diabète, du 31 mars au 3 avril à Lyon (Rhône), le lancement de la phase pilote PRÊT1D de dépistage précoce du diabète de type 1, présymptomatique, deviendra un programme national de dépistage début 2027.

1er objectif : réduire les diabètes découverts au stade critique d’acidocétose

En France, le diabète de type 1 concerne environ 200 000 personnes, dont plus de 30 000 jeunes de moins de 20 ans, avec une incidence en hausse de 3 à 4 % par an. Plus de 40 % des enfants sont diagnostiqués tardivement, au stade d’acidocétose. Cette complication grave du diabète survient quand le corps manque d’insuline : le glucose ne peut plus être utilisé correctement, l’organisme brûle alors les graisses, ce qui produit des substances acides (corps cétoniques). Résultat : le sang devient trop acide, une urgence médicale.

« Le diabète de type 1 peut être dépisté avant le stade 3 (diabète symptomatique) grâce à la détection des auto-anticorps, avec possibilité de ralentir la progression de cette maladie auto-immune, expliquait celui qui est à l’origine de PRÊT1D, le Pr Robert Mallone (hôpital Cochin, Paris), lors du lancement de PRÊT1D. Ce dosage restait peu accessible, et c’est pourquoi PRÊT1D voit enfin le jour ». « Le dépistage contribue à ralentir la destruction des cellules du pancréas qui produisent l’insuline, rendant indispensable les injections d’insuline chez la personne diabétique de type 1 », ajoute le Pr Charles Thivolet (Hospices Civils de Lyon).

Comme le recommandait l’Association Européenne pour l’Étude du Diabète (EASD) en octobre dernier, après sur une prise de position d’experts français publiée en 2024, PRÊT1D propose un dépistage précoce du DT1 par auto-prélèvement capillaire (une goutte de sang au bout du doigt). La personne entre alors dans un parcours structuré de suivi et d’orientation via une plateforme numérique.

Destiné aux apparentés au 1er degré des personnes diabétiques

Le protocole PRÊT1D, impliquant près d’une trentaine d’hôpitaux sur le territoire national, cible en priorité les apparentés de personnes vivant avec un DT1 (enfants, parents, frères et sœurs, demi-frères et demi-sœurs). Après la phase pilote en 2026, il se déroulera de janvier 2027 à décembre 2030, avec un objectif de 30 000 dépistages sur quatre ans (7 500 par an).

Le dépistage repose sur des kits d’auto-prélèvement capillaire utilisables à domicile ou en centre avec infirmier. Les personnes concernées seront informées de cette possibilité de dépistage par leur diabétologue ou recevront directement un courrier. Ensuite, les échantillons sont envoyés par courrier à la plateforme de Cochin, qui utilise la technique automatisée ultrasensible ADAP.

A quel âge ?

Un premier dépistage est recommandé entre 2 et 4 ans, et des répétitions en cas de résultat négatif. La détection aux stades 1 (l’auto-immunité est déclarée mais sans qu’il y ait de problème de sécrétion d’insuline par le pancréas) et 2 (les altérations dans l’organisme liées à une élévation du taux de sucre dans le sang, la glycémie, commencent à se manifester) permet de prévenir les hospitalisations prolongées, la perte rapide des capacités du pancréas à produire de l’insuline et le risque accru de complications (yeux, reins, système cardiovasculaire…) à long terme. Tout en facilitant l’adaptation à la maladie et à ses contraintes, pour l’enfant comme pour ses parents.

Elle ouvre aussi des perspectives thérapeutiques, avec des traitements en développement visant à retarder le passage au stade 3 (symptomatique, le diabète de type 1 clinique nécessitant de l’insuline au quotidien), comme celui qui est déjà accessible en accès compassionnel (accès à certains médicaments ne disposant pas d’autorisation de mise sur le marché) : le téplizumab, qui repousse la maladie d’environ deux ans.

Mais il ne faut pas sous-estimer les enjeux éthiques liés au dépistage, font remarquer les patients (Fédération des diabétiques, etc.). Ils reposent sur une information claire des familles, sans aucune contrainte quant à la réalisation du test.

Précision : si les apparentés du 1er degré présentent un risque accru de diabète, la majorité des cas survient toutefois dans des familles sans antécédent connu. Une fois PRÊT1D bien rôdé, on peut espérer une généralisation du dépistage à l’ensemble des enfants, à l’instar de ce qui est déjà en place en Italie, Allemagne, Finlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

  • Source : Suivi de la conférence de presse PRET1D au congrès de la SFD 2026 à Lyon

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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