Le sport pour la santé, ça s’apprend !

26 avril 2012

Toute activité physique est a priori bonne pour la santé. Toutefois, pour certains patients, l’entrée ou le retour à la pratique sportive nécessite un apprentissage et un encadrement de qualité par des professionnels de « l’activité physique adaptée », explique le Dr Boris Hansel, médecin endocrinologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).

Le niveau d’activité recommandé pour la santé est clairement défini par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Il s’agit d’abord d’exercices d’endurance, 150 minutes par semaine, pouvant être répartis en plusieurs séances », indique le Dr Hansel. « Chacune doit durer au moins 10 minutes sans interruption et être effectuée à une intensité modérée. Il faut calculer ce temps d’activité en excluant celle du cadre de la vie quotidienne, notamment les petites marches de quelques minutes, la montée d’escaliers ou encore les promenades ‘tranquilles’. », poursuit-il.

En pratique, ces explications ne suffisent pas. En particulier pour aider des patients obèses ou en surpoids à sortir de la sédentarité. « Les réflexes pour pratiquer de l’activité physique pour la santé sont différents de ceux requis par une pratique de compétition », souligne le Dr Hansel. « Mais c’est tout aussi technique car il faut apprendre à gérer l’intensité, à effectuer les bons gestes et à utiliser le bon matériel », ajoute-t-il en soulignant que « nos travaux scientifiques récents, effectués chez des patients ayant un ‘syndrome métabolique’, montrent qu’ils sont une large majorité à porter des chaussures inadaptées, souvent trop petites d’une pointure ».

Des prescripteurs formés

La prescription par un médecin d’une activité physique bénéfique pour la santé est encouragée par l’OMS. En France pourtant, l’encadrement ne semble pas toujours à la hauteur. Ce constat est soutenu par une étude publiée en 2011 dans la revue Diabetes & Metabolism. Ce travail mené dans le sud de l’Hexagone a été mené auprès de 254 médecins généralistes. Ils ont été interrogés sur leur pratique de prescription d’activité physique aux patients souffrant d’obésité. Si 94% déclarent la prescrire fréquemment, ils sont tout de même 71% à reconnaitre un manque de formation en la matière. Et seule une faible majorité (52%) souhaiterait bénéficier d’une telle formation.

Pour le Dr Boris Hansel, il faudrait que la prescription d’activité physique soit effectuée par un professionnel qui en a acquis les compétences: un éducateur médico-sportif ou un médecin spécialement formé à la prescription de l’activité physique. « Leur objectif est de rendre le patient autonome et compétent pour faire ce qui lui convient. Une dizaine de séances doit suffire. Ces éducateurs ont une philosophie et des objectifs très différents de ceux des coaches sportifs proposant des programmes de remise ou forme ou d’amincissement. C’est un métier différent », insiste-t-il.

  • Source : interview du Dr Boris Hansel, médecin endocrinologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), 4 avril 2012 ; Fédération française de Natation, mars 2012 ; Diabetes & Metabolism, doi:10.1016/j.diabet.2011.12.004

Destination Santé
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