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Les médicaments contre l’obésité Wegovy (sémaglutide), du laboratoire danois Novo Nordisk, et Mounjaro (tirzépatide) de l’américain Eli Lilly, seront remboursés par l’Assurance maladie à compter du 15 juin, selon deux arrêtés parus au Journal officiel le 28 mai 2026. Avec cette décision, le gouvernement s’aligne sur les recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS).
Les analogues du GLP-1 sont des médicaments qui imitent l’action d’une hormone naturellement produite par l’intestin après les repas, le glucagon-like peptide-1. Initialement développés contre le diabète, ces médicaments ralentissent la digestion et augmentent la sensation de satiété, ce qui aide aussi les patients qui souffrent d’obésité à perdre du poids. Les analogues du GLP-1 sont plus résistants et restent plus longtemps actifs dans l’organisme que les hormones naturelles.
Le gouvernement a choisi de retenir les mêmes indications de prise en charge que les critères d’éligibilité à la chirurgie bariatrique. Ces médicaments seront donc indiqués uniquement chez les adultes présentant un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 40 (obésité massive) sans comorbidité et égal ou supérieur à 35 (obésité sévère) avec comorbidité.
Ces médicaments peuvent être prescrits en seconde intention, en cas d’échec d’une prise en charge nutritionnelle (soit une perte de poids de 5 % du poids total après 6 mois) en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique.
En 2025, 17,4 % des adultes étaient en situation d’obésité en France, avec un IMC égal ou supérieur à 30. Prenant en compte les critères d’éligibilité cités plus haut, la population cible serait de près d’un million de personne. « Cela ne veut pas dire que tout le monde aura le traitement, car cela dépend des cas individuels et des prescriptions du médecin », a déclaré Stéphanie Rist, ministre de la Santé, sur le plateau de TF1 jeudi 28 mai.
La prescription initiale ne pourra être réalisée que par les médecins exerçant dans les structures de santé impliquées dans la prise en charge de l’obésité de niveaux de recours 2 et 3. Il s’agit des médecins exerçant en centres spécialisés obésité (CSO), dans un CHU, dans un établissement de Soins médicaux et de réadaptation (SMR) de « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition » ou les endocrinologues en lien avec un CSO.
Sur le plateau de TF1 jeudi 28 mai, Stéphanie Rist a indiqué que le taux de remboursement était fixé à 65 %. Mais pour la majorité des patients, ce remboursement sera de 100 %, puisque « quasiment tous ces patients sont pris en charge à 100 % du fait de leur état de santé ».
Interrogé sur Franceinfo jeudi 28 mai, le patron de Novo Nordisk France, Etienne Tichit indiquait que le Wegovy coûtera désormais « 146,91 euros par mois sur les trois premiers dosages », contre 250 à 400 euros par mois actuellement. Les 65 % de l’Assurance maladie seront remboursés à partir de ces 146,91. Il s’agira également du prix public en pharmacie car le médicament restera disponible sur prescription médicale même sans prise en charge par l’Assurance maladie.
Le coût pour les finances publiques est ainsi estimé à « une centaine de millions d’euros en année pleine, c’est-à-dire une fois qu’on aura la montée des prescriptions », a complété Stéphanie Rist.
« C’est un progrès quand on voit le coût de l’obésité pour la société, a de son côté expliqué Étienne Tichit. Le coût pour la Sécurité sociale est de 12,7 milliards d’euros, auxquels on ajoute 9 milliards d’euros pour le non-accès à l’emploi ».

Source : TF1, Franceinfo, Journal officiel

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet