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L’arrêté a été publié jeudi 28 mai au Journal officiel. Alors que les traitements amaigrissants Wegovy et Mounjaro vont être remboursés en France par l’Assurance maladie à partir de la mi-juin pour les patients souffrant d’obésité massive (sans comorbidité) ou sévère (avec comorbidité), une publication met en garde contre le risque de surdosage. Aux États-Unis, les centres antipoison alertent après avoir constaté une augmentation de près de 1 500 % des appels depuis 2019 concernant les surdosages ou les effets secondaires des médicaments « anti-obésité » injectables. Cette hausse des appels relatifs aux analogues du récepteur au GLP-1 s’explique par leur popularité et leur utilisation croissante dans le cadre de la perte de poids. Pour information, ces médicaments contrôlent la glycémie en se fixant sur les récepteurs de l’hormone GLP-1 (glucagon-like peptide-1), laquelle régule le taux de glucose sanguin et l’appétit. Ils sont indiqués dans le diabète de type 2 ou le contrôle du poids dans un contexte d’obésité.
Dans notre pays, la surveillance repose principalement sur les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) et l’ANSM, et non uniquement sur les centres antipoison. Peu de cas graves ont été signalés entre 2019 et 2023. Cette situation s’explique en partie par un accès plus restreint à ces médicaments amaigrissants (prescription encadrée, tensions d’approvisionnement). Des cas de surdosage ont été rapportés, souvent des erreurs d’utilisation (mauvaise manipulation du stylo, mauvais réglage des stylos multidoses, confusion de dose, difficultés lors du passage d’un médicament à un autre…).
Selon les centres antipoisons américains, les erreurs les plus fréquentes incluent la prise de doses trop rapprochées ou d’une dose supérieure à la dose recommandée en une seule prise. Dans le cas de préparations personnalisées (des « préparations magistrales » par les pharmaciens autorisées aux USA en cas de tensions d’approvisionnement), certains patients ont accidentellement administré des doses jusqu’à 10 fois supérieures, en raison d’une confusion sur les unités de la seringue. D’autres situations plus courantes incluent des prises effectuées trop tôt, des doubles doses prises en pensant à un dysfonctionnement du stylo, une confusion entre un schéma hebdomadaire et quotidien ou encore des prélèvements incorrects dans des flacons multidoses.
Parfois les tentatives de doubler ou tripler les doses sont volontaires dans l’intention de perdre du poids plus vite (ce qui est inefficace). La phase progressive d’ajustement de la posologie sert précisément à réduire ces effets désagréables digestifs, bien connus.
Les signes et symptômes d’un surdosage sont proches des effets indésirables habituels mais leur durée peut être plus longue, précise le National Poison Data Center : nausées, vomissements, diarrhées, constipation et douleurs abdominales. Ce qui est confirmé par une étude menée en Californie. Il a même été signalé des évanouissements, des vertiges, des céphalées, des migraines, des pancréatites aiguës et des calculs biliaires, signale la FDA américaine.
La majorité des effets secondaires ne conduit pas à une hospitalisation mais certains troubles gastro-intestinaux peuvent nécessiter une prise en charge hospitalière, notamment des douleurs abdominales, des vomissements importants et des diarrhées et même une déshydratation. La plupart de ces effets indésirables durent de 8 à 24 heures, rapporte une revue des cas rencontrés aux urgences, publiée elle aussi en 2025. Leur prise en charge reposait principalement sur l’administration de solutés intraveineux et/ou d’antiémétiques (contre les vomissements).
L’hypoglycémie, baisse anormale du taux de glucose dans le sang, apparaît dans près de 9 % des situations de surdosage, rapporte une étude parue en avril 2025 dans les Annals of Pharmacotherapy, y compris sans prise associée d’insuline ou de sulfamides hypoglycémiants (des médicaments antidiabétiques qui font baisser la glycémie soit le taux de sucre dans le sang), surtout chez des personnes non diabétiques ou d’autres de faible corpulence. Les auteurs concluent : « l’hypoglycémie a été observée plus fréquemment que précédemment rapporté, malgré l’absence d’administration concomitante d’agents hypoglycémiants, soulignant la nécessité d’une surveillance étroite ». Un contrôle de la glycémie s’impose alors, même lorsque les signes cliniques semblent peu préoccupants.
Les symptômes de l’hypoglycémie sont des sueurs, une sensation de faim, des palpitations, une irritabilité, des fourmillements autour de la bouche, des vertiges et maux de tête, une accélération du rythme cardiaque, une sensation d’angoisse… Il est recommandé de prendre du sucre rapidement et de se reposer quelques minutes.

Source : Glucagon-like peptide-1 (glp-1) agonists : America’s poison centers (consulté le 20/05/26) ; Analogues du GLP-1 : point sur la surveillance des effets indésirables graves et mésusages ANSM 07/01/2026 ; FDA alerts health care providers, compounders and patients of dosing errors associated with compounded injectable semaglutide products (2026) ; Gartner HT, Annals of Pharmacotherapy. 2025;59(12):1057-1068 ; Ho RY, Journal of Pharmacy Technology. 2025;41(4):165-173 ; Marshall, S., J. Med. Toxicol. 20, 278-285 (2024).

Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Vincent Roche