Des chercheurs américains viennent de montrer que le syndrome des jambes sans repos multiplierait par 3 le risque de suicide et d’automutilation. Ils encouragent donc les médecins à prendre cette pathologie très au sérieux.

Aussi appelé la maladie de Willis-Ekbom, le syndrome des jambes sans repos est un trouble chronique caractérisé par un besoin impérieux (urgent et irrésistible) de bouger les jambes associé à des sensations désagréables au niveau des membres inférieurs : picotements, fourmillements, tiraillements, impression de décharge électrique. A la clé, pour la personne qui en souffre, une dégradation du sommeil ou encore une perturbation de la vie socioprofessionnelle.

+270% de risque de suicide

En étudiant les dossiers de 25 000 personnes touchées par la maladie de Willis-Ekbom, des chercheurs de l’Université d’État de Pennsylvanie ont constaté que le risque de suicide ou d’automutilation était 270% plus élevé que chez celles et ceux qui indemnes de ce syndrome. En clair, il est quasiment multiplié par 3 ! Et ce « même lorsque les patients contrôlaient certaines conséquences de la pathologie comme la dépression ou l’insomnie. »

Difficile donc d’expliquer ce lien de cause à effet. Notons qu’en 2018, une autre équipe américaine avait dressé le même constat. Les auteurs expliquaient alors que « les personnes souffrant d’un sommeil perturbé ont du mal à réguler leurs émotions et sont plus susceptibles de prendre des décisions impulsives. »

Les scientifiques appellent donc les professionnels de santé à accorder une attention toute particulière à la santé mentale des patients atteints d’un syndrome des jambes sans repos.

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