L’endométriose, une grande oubliée

[03 mai 2013 - 16h51] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

L’endométriose, une maladie trop peu diagnostiquée en France ©Phovoir

L’endométriose est une maladie particulièrement handicapante qui touche 5% à 10% des femmes. Celles-ci souffrent de douleurs intenses au cours des règles, de la miction ou des rapports sexuels… Les explications du Pr Philippe Descamps,  gynécologue, chef de service au CHU d’Angers.

L’endométriose est provoquée par la migration de fragments de muqueuse utérine dans la cavité utérine, en passant par les trompes de Fallope.  Ces fragments se fixent sur le péritoine, les ovaires, la vessie, le rectum ou le colon… A chaque cycle ensuite, se développent des nodules, des kystes, des lésions ou même des adhérences qui entraînent des douleurs et provoquent souvent, une infertilité. Toutefois « l’intensité des douleurs et la difficulté à procréer ne sont pas nécessairement proportionnelles à l’importance des lésions », précise Philippe Descamps. Si l’endométriose n’engage pas le pronostic vital, elle est extrêmement douloureuse et à ce titre, lourdement handicapante.

« Elle se manifeste par des dysménorrhées, c’est-à-dire des règles douloureuses, par des douleurs pelviennes plus ou moins permanentes, ou lorsque la patiente se rend à la selle. Ces douleurs peuvent également survenir pendant les rapports ». Il peut être difficile de poser le diagnostic à partir de ces seuls symptômes. Généralement non spécifiques, ils font souvent retarder le diagnostic de plusieurs années. Ce que confirme d’ailleurs, le Pr Philippe Descamps. « Les femmes ont du mal à faire la distinction entre des règles normales et anormales. Et les symptômes de l’endométriose peuvent être passés sous silence, les patientes pensant que ces douleurs relèvent en quelque sorte, d’une fatalité. C’est pourquoi nous observons souvent un retard important au diagnostic. »

Une maladie déprimante

L’endométriose reste encore mal connue et mal comprise, aussi bien par les femmes que par une grande partie du monde médical. « Il est essentiel d’informer davantage les médecins généralistes sur cette pathologie. Au sein du Collège national des Gynécologues et Obstétriciens de France (CNGOF), nous plaidons pour la création de centres de références », souligne-t-il.

Chez beaucoup de femmes, l’endométriose prend la forme d’une maladie chronique.  A l’origine de douleurs invalidantes, elle affecte alors la qualité de vie. Sans oublier son impact émotionnel, lié au risque d’infertilité qui l’accompagne. Ses origines restent encore obscures. « On évoque des phénomènes immunitaires », indique le Pr Descamps, mais de nombreuses inconnues demeurent. « Côté traitements, nous ciblons dans un premier temps la douleur avec des antalgiques. Des traitements hormonaux peuvent également être proposés. Enfin la chirurgie par cœlioscopie, permet d’éliminer les adhérences ou les nodules. »

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Marc Gombeaud

Partager cet article