Grandir dans un environnement social favorable participe au maintien d’un poids équilibré. C’est le constat réalisé par une équipe INSERM dont les travaux incitent à effectuer des modifications de certains facteurs environnementaux au plus vite.

Face à l’épidémie d’obésité, de nombreux scientifiques cherchent à en comprendre les causes. Pour tenter de déterminer les liens éventuels entre l’indice de masse corporelle (IMC) des enfants, celui de leurs parents et l’environnement dans lequel ils grandissent, des chercheurs de l’unité INSERM 1027 (Toulouse) ont utilisé les données de la cohorte anglaise Millenium. Laquelle est composée de 18 818 enfants nés entre 2000 et 2002.

Les scientifiques ont collecté l’IMC des petits à 3, 5, 7 et 11 ans. Ils ont également noté l’IMC de leurs parents et de nombreux paramètres caractérisant leur milieu de vie, comme la catégorie socio-professionnelle, l’éventuel tabagisme maternel pendant la grossesse, l’heure du coucher…

En confrontant l’IMC des enfants à celui de leurs parents, un lien a clairement été identifié. Tout au long de leur vie, la masse corporelle des petits suit celle de leurs ascendants, indépendamment du mode de vie. Mais quelle est donc l’influence de l’environnement ? En effectuant le même travail avec les indices des enfants et les facteurs environnementaux, les chercheurs n’ont pas constaté de lien chez les enfants âgés de 3 ans.

Après 3 ans, le mode de vie influence le poids

En revanche, « au-delà de cet âge, un environnement défavorable s’est révélé associé à une masse corporelle plus élevée ». Et ce, indépendamment de celle de leurs parents. Ce lien se renforce au cours des années jusqu’à 11 ans. « A tel point que si tous les enfants de cet âge vivaient dans un environnement favorable, l’IMC moyen serait réduit de 0,91 chez les garçons et de 1,65 chez les filles », explique Romain Fantin, principal auteur du travail. « Permettant pratiquement de revenir aux niveaux plus raisonnables des années 50 ». En effet, cet indice n’a cessé de croître au cours des dernières années, augmentant de 1,2 pour les garçons de 11 ans entre 1946 et 2001 et de 1,7 pour les filles entre 1957 et 2012.

Pris séparément, aucun des facteurs environnementaux ne peut être tenu pour responsable d’un IMC élevé. Mais « corriger au moins quelques uns de ces facteurs (comme le temps passé devant la télévision ou le fait de prendre un petit déjeuner…) contribuerait à lutter contre la hausse de la masse corporelle des enfants », conclut Michelle Kelly-Irving, co-auteur de l’étude.

Partager cet article