Les infections sexuellement transmissibles atteignent des « niveaux records » en Europe !

21 mai 2026

Gonorrhée, chlamydiose, syphilis. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) alerte sur une hausse record des infections sexuellement transmissibles bactériennes en Europe en 2024. Il appelle à des mesures urgentes pour enrayer le phénomène.

« Des niveaux records. » Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) alerte jeudi 21 mai sur une hausse des infections sexuellement transmissibles bactériennes en Europe. Celles-ci « ont atteint des niveaux records en Europe en 2024, sous l’effet d’une forte augmentation des cas de gonorrhée et de syphilis, ainsi que de lacunes croissantes en matière de dépistage et de prévention ». Selon les chiffres de Santé publique France, la France ne fait pas exception et suit la même tendance.

Dans le détail, en 2024, le nombre de cas de gonorrhée a atteint 106 331, soit une augmentation de 303 % depuis 2015. Le nombre de cas de syphilis a plus que doublé s’élevant, sur la même période, à 45 577. La chlamydiose, causée par la bactérie Chlamydia trachomatis, demeure l’IST la plus fréquemment déclarée, avec 213 443 cas. La lymphogranulomatose vénérienne (LGV), causée par la même bactérie que la chlamydiose, est toujours transmise, avec 3 490 cas signalés.

En France, en 2024, environ 61 100 personnes ont été diagnostiquées avec une infection à Chlamydia trachomatis, 25 800 avec une gonorrhée et 6 500 avec une syphilis, selon les données de l’Assurance maladie. Dans les centres CeGIDD, 22 200 infections à Chlamydia trachomatis, 13 500 cas de gonorrhée et 2 500 cas de syphilis ont également été diagnostiqués. Les taux d’incidence des IST ont continué à augmenter depuis 2022, pointait Santé publique France en octobre 2025.

Pour rappel, non traitées, ces infections peuvent causer de graves complications : douleurs chroniques, stérilité, problèmes cardiaques et neurologiques dans le cas de la syphilis.

Les cas de syphilis en hausse chez les nouveau-nés

Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont les plus touchés, notamment pour la gonorrhée et la syphilis. Cette dernière est également en hausse chez les hétérosexuels notamment chez les femmes en âge de procréer. Résultats : le nombre de syphilis congénitale (présent à la naissance) a quasiment doublé « passant de 78 en 2023 à 140 en 2024 dans 14 pays ayant communiqué leurs données ». Ces cas de syphilis chez les nouveau-nés, pouvant entraîner des complications irréversibles, mettent en lumière un manque de prévention, des lacunes du dépistage prénatal, l’absence de suivi et de tests répétés, ainsi que des difficultés dans la mise en place de traitement. Pour rappel, en France, le dépistage de la syphilis est obligatoire lors des premiers mois de grossesse.

L’ECDC appelle à des mesures ciblées et ce, de toute urgence, pour enrayer la propagation des infections. Il recommande aussi aux pays européens d’améliorer les protocoles de dépistage prénatal afin d’agir précocement et prévenir la transmission de l’infection au fœtus. Il regrette par ailleurs aussi que sur les 29 pays qui ont communiqué leurs résultats, 13 font payer les dépistages des IST aux patients. Le centre pointe des stratégies de prévention obsolètes, non adaptées aux comportements sexuels actuels.

« Inverser la tendance à la hausse des cas d’IST nécessite des services de prévention accessibles, un accès facilité aux tests, une prise en charge plus rapide et un renforcement du système de notification des partenaires afin d’enrayer la transmission. L’ECDC exhorte les autorités de santé publique à actualiser d’urgence les stratégies nationales de lutte contre les IST et à renforcer les systèmes de surveillance pour mieux évaluer l’impact des efforts de prévention. Sans mesures décisives, les tendances actuelles risquent de se poursuivre. »

Pour en savoir sur les IST, retrouvez ci-dessous les explications du Dr Patrick Blanco, praticien hospitalier au CHU de Nantes (Loire-Atlantique) et médecin référent du Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD).

  • Source : ECDC, Santé publique France

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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