IST : ces complications urologiques qui pourraient être évitées

05 janvier 2026

L’association française d’urologie (AFU) alerte sur la multiplication des complications urologiques observées en consultation en lien avec une hausse des infections sexuellement transmissibles (IST), notamment chez les 15 – 25 ans. Aussi appelle-t-elle à une mobilisation collective autour de la santé sexuelle.

S’il est difficile d’avancer des chiffres précis, les urologues sont formels, ils observent chaque jour en consultation les conséquences des infections sexuellement transmissibles. Des complications urologiques en hausse, en lien avec l’augmentation des diagnostics de chlamydia, gonorrhée, syphilis… Des cas d’IST en hausse chez les 15 – 25 ans notamment, selon les récentes données du bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France. « Pour les urologues, ces infections ont de véritables répercussions quotidiennes en consultation. Les IST évoluent discrètement, sans symptômes, mais peuvent ensuite provoquer des complications urologiques importantes », note l’Association française d’urologie (AFU) dans un communiqué publié en décembre 2025.

Quelles complications urologiques ?

« Les IST les plus pourvoyeuses de complications urologiques sont l’infection à chlamydia et le gonocoque, souligne le Dr. Benjamin Pradère, urologue et membre de l’AFU. De façon générale, ces infections peuvent être à l’origine d’une urétrite (infection de l’urètre). Cela entraîne des sténoses de l’urètre, des brûlures mictionnelles, une dysurie, une hyperactivité vésicale, des irritations et douleurs chroniques. Une infection à chlamydia ou un gonocoque peut aussi être responsable d’orchite, une inflammation du testicule à l’origine de douleurs sévères ».

Les infections à papillomavirus (HPV) sont quant à elles à l’origine de la survenue de condylomes. « Il s’agit de petites verrues qui apparaissent à la surface des organes génitaux externes, de l’homme et de la femme et qui nécessitent des interventions parfois répétées ».  Ces infections peuvent aussi être responsables d’infertilité, notamment chez les femmes en particulier pour l’infection chlamydia (en forte hausse avec 230 000 cas en France en 2023).

« Pourtant, ces séquelles auraient pu être évitées, regrette le spécialiste. Notamment avec un dépistage précoce. Pour certaines IST, le retard de diagnostic entraîne, sur du long terme, et à distance de la prise en charge, une complication urologique ».

L’importance du dépistage et de la prise en charge précoces

L’AFU rappelle les gestes essentiels pour éviter les complications :

  • l’usage du préservatif (seuls 50 % des premiers rapports sont protégés) ;
  • le dépistage régulier, notamment en cas de partenaires multiples ou d’exposition potentielle (les IST sont parfois asymptomatiques notamment les chlamydioses : 60 à 70 % des jeunes femmes atteintes ne présentent pas de symptômes et ne savent pas qu’elles sont infectées) ;
  • la prise en charge rapide en cas de test positif ;
  • la vaccination contre le papillomavirus humains (HPV) chez les filles comme chez les garçons.

L’AFU souligne l’importance d’une parole déculpabilisante pour encourager le recours au dépistage, en particulier chez les 18-35 ans, population la plus touchée par les IST.

Elle a ainsi lancé une campagne pour sensibiliser les jeunes adultes aux IST, sans tabou. Des outils sont également mis à disposition des professionnels de santé afin de parler des IST avec leurs patients de manière simple, efficace et adaptée.

  • Source : AFU, interview du Dr Benjamin Pradère

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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