Soleil et cancers de la peau : les idées reçues persistent

21 mai 2026

À l’approche des vacances d’été, dermatologues et chercheurs alertent sur les dangers d’une exposition excessive au soleil. De nombreuses idées reçues persistent autour du bronzage et des UV, alors que les cancers de la peau continuent de progresser en France. En vue de la semaine de prévention et de sensibilisation au dépistage des cancers cutanés, du 25 au 31 mai, les spécialistes rappellent les réflexes à adopter pour limiter les risques.

Des cancers de la peau en forte progression

Chaque année, entre 141 200 et 243 500 cancers de la peau sont diagnostiqués en France, selon Santé publique France. Le nombre de cas a plus que triplé entre 1990 et 2023, notamment en raison de l’évolution des habitudes de loisirs et de la mode des peaux bronzées.

Le SNDV (Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues) dresse un constat tout aussi préoccupant. Si les carcinomes cutanés représentent 90 % des cancers cutanés diagnostiqués en France, le mélanome a vu son nombre de cas multiplié par 5. C’est une forme particulièrement agressive, dont le nombre de cas a été multiplié par cinq au cours de ces dernières années.

Malgré les campagnes de prévention, les comportements à risque persistent. Selon le SNDV, 74 % des Français déclarent ne pas se protéger systématiquement du soleil lors d’activités en extérieur. Les rayons UV sont pourtant la principale cause des cancers cutanés.

Les coups de soleil augmentent les risques

Pour le Pr Stéphane Dalle, dermatologue aux Hospices Civils de Lyon, les coups de soleil représentent un vrai danger pour la peau. Contrairement à ce que certaines personnes pensent encore, il ne s’agit pas seulement d’une rougeur temporaire mais bien d’une brûlure provoquée par les rayons UV.

À force d’expositions répétées, les cellules de la peau peuvent être endommagées et développer des mutations de l’ADN, ce qui augmente le risque de cancer, notamment de mélanome. Les spécialistes alertent particulièrement sur les coups de soleil pendant l’enfance et l’adolescence. Ces expositions augmentent les risques de développer un cancer cutané plus tard à l’âge adulte. Certaines personnes sont aussi plus vulnérables, notamment celles qui ont la peau claire, les yeux clairs ou de nombreux grains de beauté.

Le bronzage n’est pas sans risque

C’est une autre idée reçue très répandue : un bronzage progressif serait sans danger pour la santé. Le bronzage est en réalité une réaction de défense de la peau face aux UV. L’exposition au soleil provoque des agressions des cellules cutanées, et ça même sans coup de soleil visible.

Les médecins mettent aussi en garde contre les cabines UV artificielles. Pourtant, selon le SNDV, 20 % des Français pensent encore qu’elles permettent de « préparer »la peau avant l’été. Or, ces pratiques augmentent les risques. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) les a d’ailleurs classées comme cancérogène. Elles ne sont donc pas à prendre à la légère.

Les UV restent dangereux même quand il fait nuageux

Les spécialistes rappellent également que les UV ne disparaissent pas lorsque le ciel est couvert. Les nuages ne bloquent pas totalement les rayons ultraviolets et il est possible d’attraper un coup de soleil même lorsqu’il ne fait pas très chaud. Les UV peuvent aussi être renforcés par la réverbération sur le sable, l’eau ou encore la neige.

Pour limiter les risques, les dermatologues recommandent d’éviter l’exposition entre 12 h et 16 h, de porter des vêtements couvrants, un chapeau, des lunettes de soleil et d’utiliser une protection solaire adaptée.

L’option selfie

Le SNDV encourage aussi les Français à surveiller régulièrement leur peau et leurs grains de beauté. Pour cela, pourquoi ne pas utiliser votre smartphone ? Prenez régulièrement en photo vos grains de beauté ou autres irrégularités, même sur les zones peu exposées (ongles, plantes des pieds, cuir chevelu…). Puis comparez-les dans le temps pour repérer toute évolution : changement de forme, de couleur, de taille, de relief… En cas de changement suspect, il est conseillé de consulter rapidement un médecin.

  • Source : Fondation ARC, SNDV

  • Ecrit par : Jeanne Richard – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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