L’imagerie nucléaire dépiste aussi les foyers d’infection

[18 juillet 2013 - 09h29] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h57]

Une image du corps entier obtenue par la méthode TEP/TDM montre la fixation du traceur le long d’une ligne traversant l’abdomen inférieur, en raison d’une infection contractée à la suite d’une opération. ©EANM/Pr Ora Israël

Les techniques d’imagerie nucléaire, comme la tomographie par émission de positons ou encore la scintigraphie, sont souvent utilisées pour détecter des tumeurs. Or le diagnostic de certaines infections pourrait également en bénéficier. C’est ce qu’ont observé plusieurs spécialistes de l’Association européenne de médecine nucléaire (EANM), notamment dans des cas médicaux complexes et chez des patients présentant une forte fièvre.

La détection et la localisation précise des foyers d’infection prennent souvent du temps. Elles sont même impossibles chez les patients ayant subi une opération chirurgicale ou souffrant d’une forte fièvre. De récents travaux scientifiques montrent que combiner la méthode de tomographie par émission de positons (TEP) à la tomodensitométrie (TDM) permet une détection rapide, non invasive et précise des infections.

Des résultats prometteurs

Une étude a montré que chez les patients qui présentent des infections autour d’un stimulateur cardiaque, comme un pacemaker, les foyers pouvaient êtres repérés grâce à cette méthode dans près de 90% des cas. Même constat pour les infections autour de matériel de fusion spinale.

Lorsqu’un patient est atteint d’une forte fièvre inexpliquée de longue durée, aucune méthode conventionnelle de détection du foyer de l’infection n’a fait ses preuves. En revanche, les spécialistes ont pu observer que l’utilisation de les méthodes TEP et TDM a permis de détecter la cause de la fièvre dans 50% à 65% des cas.

Pour le Pr Alberto Signore, spécialiste de l’EANM et membre de l’Université de Rome La Sapienza et de l’Université de Groningen, aux Pays-Bas, « l’utilisation de l’imagerie nucléaire pourrait améliorer de manière significative la situation des patients ». Et ce d’autant que selon une étude menée par l’Université de Lyon, jusqu’à 10% de toutes les hospitalisations sont liées à une infection. Pourtant, « le potentiel de la médecine nucléaire en général, et des techniques TEP en particulier, est encore loin d’être entièrement exploité », conclut-il.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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