La résistance aux antibiotiques, autrement appelée l’antibiorésistance, pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Chaque année en France, 12 500 décès sont liés à une infection à bactérie résistante aux antibiotiques. C’est pourquoi, le premier Comité interministériel pour la Santé consacré à l’antibiorésistance a permis de définir une feuille de route gouvernementale.

A l’échelle mondiale, les résistances microbiennes seraient actuellement responsables de 700 000 morts par an. L’accroissement de ce phénomène et l’émergence de nouveaux mécanismesde résistance, remettent en question la capacité à soigner les infections, même les plus courantes.

Ce fléau, lié à la surconsommation et au mésusage des antibiotiques, est aggravé par l’arrêt de production de certaines anciennes molécules et l’absence d’innovation depuis deux décennies. C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a adopté en mai 2015 un plan d’action global, recommandant aux Etats membres d’élaborer un plan national.

Le Gouvernement français a ainsi souhaité intensifier sa politique de maîtrise de l’antibiorésistance. Objectif, en 13 résolutions, diminuer la consommation d’antibiotiques de 25% d’ici 2018.

Cela passera entre autres par :

  • Le lancement, auprès du grand public et des professionnels de santé, d’un programme de sensibilisation à la prévention de l’antibiorésistance. L’accent sera notamment porté sur l’éducation pour la santé des jeunes et l’information des propriétaires d’animaux ;
  • La formation des professionnels de santé au bon usage des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire. Avec notamment un renforcement de l’encadrement de leur prescription, une modification des conditionnements de ces médicaments afin d’insérer un message de mise en garde ;
  • La recherche et l’innovation en matière de maîtrise de l’antibiorésistance. Avec la mise en œuvre d’une politique proactive de partenariats public-privé et d’accompagnement de l’innovation ;
  • Le renforcement des réseaux de surveillance, notamment sur la présence de résidus dans l’environnement, pour contribuer à développer de nouveaux indicateurs communs au niveau national et européen.

Au total, 330 millions d’euros sur 5 ans seront mobilisés pour mettre en œuvre ces mesures.

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