L’uvéite : de l’ombre à la lumière

[18 novembre 2016 - 14h21] [mis à jour le 18 novembre 2016 à 14h22]

« Je vis dans un tunnel »… Sylvain, la quarantaine passée, souffre d’une uvéite, une affection qui altère ses capacités visuelles. Elle serait en cause dans un cas de cécité légale sur dix. Ce qui correspond à une acuité inférieure à 1/20 pour le meilleur œil après correction. L’uvéite est pourtant très méconnue du grand public, comme le révèle une récente enquête. Selon une étude Ifop Healthcare, seul un quart des Français aurait déjà entendu parler de cette atteinte de l’œil.

Œil rouge et douloureux, baisse de l’acuité visuelle, photophobie, sensibilité à la lumière, impression de flou, perception de taches noires dans le champ visuel… les symptômes sont nombreux et différents selon la portion touchée. Pour Sylvain, tout a commencé justement par des « mouches volantes » et autres points noirs ainsi que « cette impression d’être gêné par la lumière. Qu’il y en ait trop ou pas assez, je ne voyais pas grand-chose », souligne-t-il. « J’ai perdu 80% de mon acuité visuelle, essentiellement pour ce qui concerne la vision périphérique ». D’où cette impression d’être en permanence dans un « tunnel »…

Malgré la description précise de symptômes, « mettre un nom sur ma maladie a été assez long », poursuit-il. Au total : « 10 mois et la consultation de 5 médecins différents » ! Un délai qui s’explique par une identification difficile des causes. Celles-ci sont potentiellement nombreuses et de gravité variée. Qu’elles soient locales (herpès, toxoplasmose), infectieuses (zona, maladie de Lyme, tuberculose…) ou rhumatismales (spondylarthrite ankylosante, arthrite chronique juvénile…) etc. Sans compter que dans 30% à 40% des cas, la cause d’une uvéite reste inexpliquée.

Sylvain admet « redouter la cécité complète » et regrette « de ne plus être indépendant » pour de nombreux gestes du quotidien. Pourtant, lorsqu’elle est prise en charge à temps, une uvéite peut être maitrisée. Comme l’explique le Pr Christophe Chiquet de la Clinique Ophtalmologique Universitaire de Grenoble : « Nous arrivons à stabiliser nombre de patients et à obtenir la réversibilité des lésions, des avancées thérapeutiques importantes nous ayant permis de faire baisser le taux de cécité. Il n’y a pas de fatalité, mais il importe que le public soit mieux informé ».

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