Maladie de Berger : stop au gluten

[29 avril 2015 - 16h58]

 

Selon un travail réalisé par l’INSERM, le gluten pourrait exacerber la maladie du Berger. Cette affection, liée à une anomalie immunitaire, entraîne une insuffisance rénale dans près de 30% des cas. L’éviction du gluten pourrait permettre de limiter les complications.

La maladie de Berger n’est pas une affection rare. Elle concerne environ 1% de la population mondiale. Et plus de 1 500 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France. Elle se déclare le plus souvent chez le jeune adulte, en moyenne à partir de 20 ans.

Si les causes et les mécanismes de la maladie ne sont pas totalement élucidés, de précédents travaux ont montré l’implication de différentes molécules : les immunoglobulines de type A, mais aussi les récepteurs à la transferrine et la transglutaminase 2. Or elles jouent également un rôle dans la maladie cœliaque

, une affection inflammatoire gastro-intestinale liée à l’ingestion de gluten. Les chercheurs de l’Unité 1149/Inserm/Université Paris Diderot ont donc supposé l’existence de voies communes entre ces deux maladies, reposant sur l’apport de gluten.

Pour vérifier cette hypothèse, trois générations de souris atteintes de la maladie de Berger ont été soumises à un régime sans gluten. Les scientifiques ont alors observé la disparition des dépôts d’IgA. En réintroduisant le gluten dans leur alimentation, ils ont constaté une recrudescence de la maladie en l’espace d’un mois.

« L’éviction du gluten a bloqué la progression de l’affection chez la souris. Nous devons maintenant vérifier s’il en est de même chez l’Homme », explique Renato Monteiro, co-auteur de ces travaux. « En attendant je conseille déjà d’éviter le gluten le plus tôt possible après un diagnostic de maladie de Berger. Si cette mesure est prise avant la détérioration du rein, elle pourrait permettre de prévenir l’évolution vers une insuffisance rénale ».

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