Connaissez-vous l’apha-synucléine ? Cette protéine est à l’origine de la maladie de Parkinson, et d’autres maladies neuronégénératives. Des amas sont notamment retrouvés dans l’atrophie multisystématisée et la démence à corps de Lewy. Une même origine pour trois affections différentes ? Des chercheurs viennent enfin de comprendre ce qui les différencie.

Plusieurs maladies neurodégénératives sont causées par l’agrégation de dépôts fibrillaires d’une protéine naturellement abondante à la jonction des neurones, l’alpha-synucléine. Très toxiques, ces dépôts finissent par déclencher un processus d’apoptose, le suicide cellulaire.

En 2013, le Pr Ronald Melki et son équipe du CNRS (Laboratoire d’Enzymologie et Biochimie Structurales  – Gif-sur-Yvette) avaient découvert qu’il existait en fait deux types d’agrégats qui se différenciaient selon leur forme : cylindrique, « comme des linguines », ou en ruban, « comme des spaghettis ».

Ils ont alors injectés ces dépôts fibrillaires dans le cerveau et la circulation sanguine de rats. Ils se sont rendu compte que ceux qui avaient reçu les « cylindres » développaient la maladie de Parkinson. Et les autres, une atrophie multisystématisée, caractérisée par un syndrome parkinsonien, (lenteur, rigidité, tremblement), une ataxie (déséquilibre, maladresse), des problèmes de régulation de la pression sanguine ou du système urinaire et génital (troubles de l’érection).

Pour les auteurs, « ces découvertes pourraient à l’avenir ouvrir la voie à de nouvelles modalités de prise en charge de ces maladies. Avec pourquoi pas, des molécules qui empêchent le développement de ces agrégats ». Rappelons qu’en France, la maladie de Parkinson est la seconde affection neurodégénérative la plus fréquente, après Alzheimer. Environ 150 000 patients seraient concernés.

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