Maladie de Parkinson : une signature identifiée dans le microbiote intestinal

20 avril 2026

La découverte d’un ensemble de marqueurs spécifiques à Parkinson dans le microbiote intestinal ouvre la voie à des tests afin d’identifier les personnes à risque de développer la maladie.

Les maladies neurodégénératives, dont la maladie de Parkinson, sont en forte progression. Leur prévalence a doublé en 25 ans selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En 2021, 12 millions de personnes étaient concernées par la maladie dans le monde. D’ici 2050, le nombre de malades devrait atteindre 25,2 millions soit une hausse de 112 % par rapport à 2021. En cause : le vieillissement de la population.

Il existe aussi d’autres causes comme des prédispositions génétiques. Ainsi, un quart des patients atteints de la maladie de Parkinson sont porteurs de mutations d’un gêne appelé GBA. Mais seulement, 10 % d’entre eux développent la maladie. Mais les examens sont longs et coûteux et, note l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), il est impossible d’identifier les individus à risque de développer la maladie. Dans ce contexte, comment détecter précocement et facilement les personnes à risque de développer la maladie ?

Une nouvelle méthode d’analyse du microbiote intestinal

Une équipe de chercheurs, dirigée par l’Université College of London (Royaume-Uni), en partenariat avec l’Inrae, s’est intéressée au microbiote intestinal de 464 individus. « La cohorte comprend 271 patients atteints de la maladie de Parkinson, 43 individus ayant une prédisposition génétique mais n’ayant pas développé la maladie et 150 sans prédisposition génétique », détaille l’Inrae dans un communiqué. Les scientifiques ont développé une méthode pour analyser le microbiote intestinal de chaque individu et ses altérations, à partir d’éléments fécaux.

Ils ont analysé les changements globaux du microbiote et non les altérations d’espèces individuellement. En effet, dans le microbiote intestinal, « des microorganismes de différentes espèces fonctionnent ensemble et changent leur abondance de façon coordonnée, en réponse à la maladie ou à l’alimentation », explique l’Inrae. Les participants passaient aussi des examens pour évaluer l’évolution de leur état clinique lié à la maladie.

Des altérations du microbiote plus ou moins importants en fonction du stade de la maladie

Les résultats ont ensuite été comparés aux données du microbiote intestinal de trois cohortes de patients, aux Etats-Unis, en Turquie et en Corée du Sud. L’étude, publiée le lundi 20 avril dans la revue Nature Medicine, confirme que l’ensemble des patients présentaient les mêmes altérations, à des degrés différents selon le stade de la maladie. Une signature spécifique de la maladie de Parkinson a ainsi pu être identifiée. « Les patients aux stades les plus avancées de la maladie présentaient des altérations de leur microbiote 15 fois plus sévères que les patients aux premiers stades de la maladie. » Ces résultats ouvrent la voie au développement de tests d’analyse du microbiote intestinal pour détecter les individus les plus à risque de développer la maladie de Parkinson.

Autres découvertes : les altérations moindres du microbiote ont été observées chez les patients qui présentaient l’alimentation la plus équilibrée. Ces résultats suggèrent que l’alimentation pourrait ralentir le développement de la maladie de Parkinson. Selon le communiqué de l’Inrae, de précédentes études ont montré que le régime méditerranéen pourrait retarder la maladie. En plus des tests, des mesures de prévention, par l’alimentation pourraient être préconisées.

A noter : la maladie de Parkinson se caractérise par la disparition progressive de certains neurones dans le cerveau. La première conséquence de cette disparition est la diminution de la production de dopamine (une molécule qui permet aux neurones de communiquer entre eux), dans une région essentielle au contrôle des mouvements. De ce fait, la maladie de Parkinson touche en premier lieu les fonctions motrices.

  • Source : Inrae, France Parkinson, ministère de la Santé

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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