Les attentats qui ont touché la France en 2015 et 2016 ont conduit à une augmentation du niveau d’anxiété dans la population… même chez celle non exposée directement aux attaques. Or un stress brutal peut se traduire par une tachycardie ou encore une élévation de la pression artérielle. D’où la question : ce stress a-t-il eu un impact direct sur les hospitalisations pour événements cardiovasculaires ?

Les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et du magasin Hyper Casher du 7 au 9 janvier 2015, ainsi que les attaques du 13 novembre 2015 à Paris et l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice ont entraîné la mort de 233 personnes.

Ces événements ont aussi conduit à une augmentation du niveau d’anxiété dans la population générale. Ainsi, dans les jours suivant les épisodes de 2015, un accroissement des passages aux urgences et des appels à SOS Médecins pour stress aigu a été observé dans toute la France. Or un stress émotionnel aigu est un déclencheur reconnu de pathologies cardiovasculaires.

Pas de risque significatif

Des chercheurs de Santé publique France ont étudié un éventuel impact à court terme de ce stress généré par les attentats sur les hospitalisations pour maladies cardiovasculaires. Résultat, concernant des hospitalisations pour un syndrome coronaire aigu, un accident vasculaire cérébral ou une insuffisance cardiaque, « aucune variation significative n’a été observée dans les 15 jours suivant les attentats de janvier 2015, ni dans les zones géographiques où s’étaient produits les attentats, ni en dehors. »

« Cependant, on ne peut exclure que le stress émotionnel généré par les attentats ait pu conduire à une augmentation des morts subites d’origine cardiaque », concluent les auteurs. « En effet, certaines études ont montré qu’un stress émotionnel aigu pouvait provoquer ou précipiter ce type d’événement. » De futurs travaux devront le confirmer.

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