Source de discrimination et d’isolement, les maladies mentales sévissent à l’échelle mondiale. Aujourd’hui un patient sur dix souffre de l’une de ces pathologies. Selon l’Atlas 2014 de la santé mentale, de fortes disparités subsistent dans la prise en charge entre pays développés et ceux aux revenus plus faibles. En cause, « des pénuries de professionnels de santé dans toutes les disciplines. »

Dans le monde, 2 pays sur 3 mènent une politique pour l’accès aux soins des patients atteints d’une maladie mentale, et 50% des pays disposent d’une loi sur ces pathologies. Malgré ces avancées, « près de la moitié de la population mondiale vit dans des pays où l’on compte moins d’un psychiatre pour 100 000 personnes », peut-on lire dans l’Atlas 2014 de la santé mentale, rendu public ce mercredi 15 juillet par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En première ligne, les plus fragiles

A la racine du problème, le manque de formation des professionnels de santé, pourtant « cruciale pour renforcer les capacités à reconnaître et à traiter les personnes souffrant de troubles (…) graves et courants ». Certes depuis 2011, le nombre des infirmières travaillant dans le domaine de la santé mentale a augmenté de 35% dans le monde. Mais les pays à revenu faible ou intermédiaire restent toujours à la marge : ces derniers disposent « d’un agent de santé pour 100 000 habitants, contre 1 pour 2 000 dans les pays à revenus élevés », étaye le rapport.

Principale explication, des inégalités de budgets alloués à la prise en charge de maladies encore taboues dans de nombreuses sociétés. « Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les dépenses pour la santé mentale représentent moins d’1,80 euros par année et par habitant, contre plus de 48 euros dans les pays à revenu élevé. »

 Quels objectifs ?

« Il existe des interventions efficaces, mais la majorité de ceux qui en ont besoin n’y ont pas accès », déclarait déjà l’OMS en 2004. Pour favoriser l’accès aux soins, le Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020 prévoit d’augmenter la couverture des services de prise en charge de 20% d’ici à 2020, ou encore d’établir un programme de prévention dans 8 pays sur 10, soit 2 fois plus qu’aujourd’hui.

Partager cet article