Mercure: l’amalgame discuté…

[17 février 1997 - 11h50]

En ces périodes de recherche sécuritaire parfois poussée à l’outrance, la création dans le sud de la France d’une Association nationale des victimes des amalgames dentaires au mercure répond-elle à un véritable souci de santé publique ou à d’autres motivations? Les responsables de ce mouvement dont « 20 membres ont porté plainte contre X pour empoisonnement » dénoncent les risques que la présence en bouche de mercure ferait courir à des dizaines de millions de français. A l’opposé, les représentants de l’Association Dentaire Française, société savante reconnue, font valoir que cette technique de soins introduite voilà 130 ans est critiquée… depuis 125 ans sans que jamais aucun de ses détracteurs n’ait pu établir le bien-fondé de ses craintes.

L’absence de nocivité établie n’est peut-être pas suffisante en soi pour constituer une garantie de totale sécurité. La vigilance s’impose et c’est probablement dans cet esprit que l’OMS a réuni l’an dernier à Genève une conférence internationale de consensus chargé de conclure sur cette question. Après analyse des données disponibles au niveau mondial, ses membres ont considéré qu’il n’existe « pas de lien de cause à effet entre l’utilisation d’amalgames dentaires au mercure et le développement de maladies graves ».

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