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Accueil » Santé Publique » Opioïdes : hausse « inquiétante » de la consommation d’oxycodone en France
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Cet antalgique est à l’origine de la crise des opioïdes qui ravage les Etats-Unis depuis la fin des années 90. Bien que la situation sanitaire ne soit pas comparable à la crise outre-Atlantique, l’Europe et la France voient aussi la consommation d’opioïdes progresser ces dernières années.
Ce lundi 22 mai, la Société française de Pharmacologie et de Thérapeutique (SFPT) a alerté sur la hausse de la consommation d’oxycodone, puissant anti-douleur de palier 3, en France. Comme la morphine, l’oxycodone est un agoniste fort des récepteurs opioïdes. « Son action antalgique est similaire qualitativement à celle de la morphine. L’effet thérapeutique est principalement analgésique, anxiolytique, antitussif et sédatif », décrit le Vidal.
En France, l’oxycodone est commercialisé sous les noms d’Oxsynia, Oxynorm ou encore OxyContin. C’est ce dernier, commercialisé par le laboratoire Purdue Pharma en 1996, qui a rendu dépendants de nombreux nord-Américains. Là-bas, « la grande majorité des patients rapportant un trouble de l’usage, prenait initialement l’oxycodone dans le cadre d’une prescription médicale », précise la SFPT. Aux Etats-Unis, les opioïdes ont provoqué les décès de plus de 500 000 personnes, dont plus de 100 000 pour la seule année 2021.
Selon les données disponibles d’addictovigilance, les troubles de l’usage en France seraient liés à la même cause : « les signalements de troubles de l’usage impliquant l’oxycodone concernent en grande majorité les sujets exposés initialement dans le cadre d’une prise en charge antalgique (73 %) ».
Ainsi, selon les chiffres disponibles, l’implication de l’oxycodone « dans les décès toxiques par antalgiques a quadruplé entre 2013 et 2017 ». Si en 2017, la morphine restait le premier antalgique opioïde de pallier 3 utilisé, l’oxycodone marquait une progression de 738 % par rapport à 2006.
En France, « sa prescription en France suit une progression inquiétante alors qu’elle ne présente pas d’avantage pharmacologique par rapport à la morphine ». En effet, selon la SFPT, rien ne plaide en faveur de l’usage de l’oxycodone. Bien au contraire. « L’oxycodone possède une action dopaminergique plus importante et durable que la morphine, ce qui pourrait être associé à un profil plus addictogène. De plus, elle est susceptible de donner des interactions médicamenteuses, et présenterait plus de risque de troubles du rythme cardiaque que la morphine ». Alors que la prescription médicale est le plus souvent à l’origine des troubles de l’usage de l’oxycodone, « la morphine reste à ce jour l’antalgique de palier 3 à privilégier ».
Source : Vidal, Société française de Pharmacologie et de Thérapeutique (SFPT)
Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet
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