Nous vous en parlions récemment, selon un travail présenté au Congrès mondial de l’ostéoporose à Florence (Italie), plus de 10 000 fractures de hanche pourraient être évitées chaque année en France grâce à une consommation  quotidienne adéquate de  calcium et vitamine D. Une étude américaine lui emboite le pas en s’intéressant à l’impact du lait et de façon plus générale à la consommation de produits laitiers sur le risque de fracture de la hanche. Un sujet qui fait souvent débat.

Concernant un éventuel lien entre la consommation de lait et le risque de fractures ostéoporotiques, il est fréquent d’entendre tout… et son contraire. Alors que certains travaux vantent les bienfaits des produits laitiers, d’autres affirment en revanche qu’ils augmentent le risque de fractures (comme ce fut le cas récemment avec un travail suédois). Problème, ces travaux révèlent souvent de nombreux biais.

Devant la controverse, des chercheurs de la Harvard Medical school ont mené l’enquête. Leur but, examiner si une consommation à long terme de lait et d’aliments laitiers était associée à une prévention du risque de fracture de la hanche chez les personnes âgées. Pour cela, ils se sont appuyés sur deux cohortes américaines, l’une composée de 80 600 femmes ménopausées et l’autre, de 43 306 hommes âgés de plus de 50 ans.

Quels aliments choisir ?

Au cours du suivi – qui a tout de même duré 32 ans – 2 138 fractures majeures de hanche ont été identifiées chez les femmes et 694 chez les hommes. Résultat, « chaque portion quotidienne de lait était associée à une baisse de 8% du risque de fracture ».

La consommation totale de produits laitiers était également bénéfique ; de même que celle de fromage… mais seulement chez les femmes. Notons que le calcium, la vitamine D et les protéines apportés par des sources non laitières n’ont pas présenté les mêmes vertus.

Comment expliquer les différents sons de cloche ?

Pourquoi les études concernant les bienfaits ou les méfaits du lait se suivent mais ne se ressemblent pas ? La Société Française de Rhumatologie a son idée sur la question. Selon elle, il n’y a pas d’études d’intervention évaluant le risque fracturaire lié à la consommation de lait (ou de tout autre aliment), mais seulement des études  épidémiologiques, observationnelles. Et pour être fiables, ces études doivent porter sur un grand nombre de sujets, suivis sur une très longue durée et avec des enquêtes alimentaires répétées. Ce qui est justement le cas de l’étude de Harvard.

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