Paludisme : traquer les résistances

[20 septembre 2013 - 09h07] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

Frottis sanguin révélant par microscopie la présence du parasite Plasmodium falciparum (en violet) à l’intérieur d’hématies humaines.© Institut Pasteur

Tout juste mis au point, un test, simple et peu onéreux, permet d’étudier la résistance des parasites du paludisme aux dérivés de l’artémisinine. Laquelle est un constituant majeur du traitement antipaludique. Des équipes américaines, cambodgiennes et françaises sont à l’origine de ce nouveau test in vitro. Explications.

Le paludisme est une maladie parasitaire présente dans plus de 100 pays et à l’origine de 600 000 décès chaque année dans le monde. Aujourd’hui, aucun vaccin n’est disponible. Et depuis 2008, des parasites résistants aux dernières molécules antipaludiques – les dérivés de l’artémisinine – ont été observées en Asie du Sud-Est.

Une simple goutte de sang ?

Des chercheurs de l’Institut Pasteur et des National Institutes of Health (NIH) américains viennent de mettre au point un test qui permet justement d’étudier les formes résistantes du paludisme. « Facile à mettre en place, il est adapté à la réalité du terrain et donc diffusable à grande échelle à des fins de surveillance » assure dans un communiqué l’Institut Pasteur.

Concrètement, un simple prélèvement sanguin est réalisé sur un patient souffrant d’un accès palustre. Les parasites présents dans le sang sont ensuite mis en culture pendant quelques heures en présence d’une forte dose d’antipaludique. Le degré de résistance est évalué après 3 jours et défini par le nombre de parasites ayant survécu. « Une autre version du test, applicable dans les laboratoires de recherche a également été mise au point. Elle ouvre des perspectives intéressantes pour l’étude plus fine des mécanismes biologiques mis en place par le parasite pour résister au traitement ».

 Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : David Picot

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