En cours d’élaboration, le pancréas artificiel mime, chez les patients diabétiques de type 1, la fonction de l’organe défaillant. Prenant la forme d’un boîtier collé sur la peau, ce dispositif externe délivre de l’insuline dans le sang en fonction des besoins, évalués en temps réel par un capteur. Mais sa mise au point n’est que partielle. Avant d’être commercialisée, cette technique mérite encore quelques mises au point.

Le pancréas artificiel assure le contrôle du métabolisme du glucose. Un substitut efficace chez les patients atteints d’un diabète de type 1, forme insulino-dépendante représentant 5% à 10% des cas de diabètes rapportés en France. Aujourd’hui, seuls deux des trois composants de ce dispositif sont au point : le capteur pour mesurer le taux de glycémie, et la pompe dédiée à la perfusion de l’insuline par le biais d’un tube.

La troisième pierre à l’édifice

Troisième élément, l’algorithme. « Capable de faire le lien entre le capteur de type smartphone et la pompe de façon automatique », ce dernier mérite encore d’être étudié. Un défi relevé par plusieurs chercheurs en France. Une équipe INSERM de Montpellier ont  mesuré pour la première fois l’efficacité d’un tel dispositif en vie réelle durant un mois, 24 heures sur 24. 

Au total, « vingt patients ont bénéficié d’un pancréas artificiel ». Résultat, tous ont repris « une vie normale » pendant un mois. « Le contrôle automatisé de leur glycémie 24 heures sur 24 était aussi bon que lorsque le dispositif n’était utilisé que la nuit ». En effet, l’efficacité pour contrôler le métabolisme du glucose était jusqu’ici partielle. Le pancréas artificiel permettait de réduire la seule survenue d’hypoglycémies nocturnes. Autre avancée mise en avant par les scientifiques, « le temps passé sous le seuil maximal de glycémie autorisé était aussi long [comparé à l’usage nocturne]. Et la fourchette dans laquelle variait la glycémie au cours de la journée était réduite ».

Et après ?

Pour confirmer ces résultats, une nouvelle étude clinique va prochainement être lancée sur 6 mois. « Si tout se passe bien, le pancréas artificiel pourrait être commercialisé en 2017. » Un espoir dans la prise en charge du diabète. Capable de réguler le taux de glycémie en instantané, cette innovation présente en effet plusieurs avantages comparés aux traitements déjà existants. Certes, depuis 40 ans, les insulines synthétiques et les pompes à insuline ont constitué de grandes avancées. Mais ces dernières imposent une « surveillance pluriquotidienne » du niveau de sucre dans le sang pour éviter une éventuelle hypoglycémie. Enfin, en s’injectant lui-même son insuline, le patient s’expose à un risque élevé de surdosage ou de sous-dosage.

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