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Aucun complément alimentaire pédiatrique n’est nécessaire chez les nouveau-nés en bonne santé. Seuls deux micronutriments vitaminiques requièrent un apport complémentaire chez l’enfant, au-delà des apports nutritionnels habituels et sont prescrits par les médecins : les vitamines K et D.
Cette alerte provient de l’association 60 Millions de consommateurs*, qui interrogeait sur ce sujet la Dre Sandra Brancato, pédiatre et présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). « Aucun complément alimentaire n’est nécessaire pour un bébé né en bonne santé », explique-t-elle, que le nourrisson soit alimenté au lait maternel ou par un lait infantile du commerce.
Avec ces connaissances simples et validées par le corps médical, les parents pourront mieux résister aux allégations (« Stimule l’appétit », « Bienfaits pour le cœur et le cerveau », « capables de stimuler le système immunitaire du nourrisson », ou de « couvrir les apports en vitamines ») apposées sur des compléments alimentaires destinés aux nouveau-nés, qu’ils peuvent pourtant trouver… en pharmacie.
Ce sujet ne relèverait presque que d’une question d’argent « jeté par les fenêtres », selon l’association de défense des consommateurs, s’il n’existait pas un risque réel pour l’enfant. Certains produits peuvent en effet contenir des ingrédients inadaptés à l’âge pédiatrique comme certaines plantes (extraits d’Echinacea purpurea /échinacée ; Panax ginseng) ou entraîner des surdosages. Comme avec la vitamine D, par exemple. Cette substance devient toxique lorsque l’apport dépasse les seuils recommandés. Or, la limite haute des apports chez le nourrisson est rapidement atteinte. Une telle situation peut survenir lorsque les parents gèrent seuls les apports par le biais de compléments alimentaires, avec des cas d’hospitalisations de nouveau-nés en services de réanimation. Ce danger augmente en cas d’achat sur internet, où les formulations sont beaucoup plus concentrées en vitamine D. Une étude de la DGCCRF avait montré que 27 % des analyses révélaient une teneur en vitamines supérieure à celle affichée sur l’emballage.
De manière générale, l’Anses recommande que toute consommation d’un complément nutritionnel avant l’âge de 3 ans inclus s’effectue sous suivi médical strict.
*Hors-Série N°231 – janvier/février 2026

Source : 60 Millions de consommateurs. Hors-Série N°231 - janvier/février 2026 Souvent inutiles, parfois toxiques ; Avis du CES "Nutrition humaine" ANSES 2024

Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet